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Francois Pazisnewende Kabore : Georgetown University
Le conflit décrit une situation où prévaut un rapport de force entre différentes parties (Etats ou communautés). L'innovation, quant à elle, désigne l'amélioration radicale d'un produit, d'un service ou d'un procédé et consiste ainsi à créer de la valeur ajoutée. Le droit de propriété est la faculté que détient une personne physique ou morale de jouir et d'user d'un bien tangible ou intangible dans le respect de la loi.
Quant le processus d'appropriation des biens économiques s'exprime dans un rapport de force, les parties antagonistes s'engagent dans une utilisation de leurs ressources qui est sous-optimale, dans le cadre de la recherche du bien commun. Le processus d'innovation, en tant qu'activité économique se veut un investissement (capital et travail) dont la condition de possibilité est le droit de propriété, c'est-à-dire la possibilité de jouir de la valeur ajoutée qui en découle. L'histoire du développement économique et humain des nations montre à suffisance qu'aucune nation ne s'est développée sans création de valeur ajoutée. Ainsi, en mettant à mal la propriété (tangible et intellectuelle), les conflits détruisent la principale condition de possibilité de l'émergence économique qu'est l'innovation. Cela est corroboré par les données empiriques sur la prévalence des conflits, le niveau de protection de la propriété, le niveau d'innovation et de développement qui en résultent dans les pays de l'Afrique de l'Ouest.
L’examen de plusieurs États en Afrique amène à faire le constat de sociétés éclatées, sinon à « haute tension », dans lesquelles la cohésion demeure encore un souci majeur. Plusieurs États apparaissent comme des agrégats d’entités visiblement contraintes à vivre ensemble, et qui ne ménagent guère leurs efforts pour afficher leurs particularités. Aussi l’espace politique, lorsqu’il existe, se transforme-t-il en un terrain sur lequel ces différentes entités se concurrencent, parfois bruyamment, mettant en péril l’unité nationale. Particulièrement depuis le début des années 1990, avec la fin du patronage de Guerre Froide, le continent africain a vu éclater un nombre important de conflits civils qui se caractérisent par leur dimension régionale, par la multiplicité des protagonistes, belligérants ou non, par la diversité des motivations, économiques ou politiques, qui les sous-tendent, et par la brutalité des stratégies utilisées. Cette multiplicité des conflits en Afrique a suscité un fort intérêt dans la recherche académique où les hypothèses aussi nombreuses que contradictoires s’évertuent à rendre compte des dynamiques conflictuelles et de leur éventuelle spécificité africaine.
Ce colloque envisage moins de proposer de nouvelles hypothèses explicatives qu’une évaluation critique ainsi qu’un essai de typologie des nombreuses hypothèses concurrentes. Outre une contribution à la recherche académique sur les lumières et les ombres des analyses des conflits en Afrique, ce colloque entend également contribuer à une meilleure épistémologie ainsi qu’à une meilleure méthodologie de l’étude des conflits tout en prenant en compte les dynamiques des sociétés africaines ainsi que les enjeux géopolitiques et stratégiques de ces conflits.
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