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Conjoncture sécuritaire en zone frontalière Cameroun, Tchad, République centrafricaine

Résumé de la communication

Le banditisme armé transfrontalier trouve sa manifestation en Afrique centrale à travers le phénomène des « zarguinas » ou « coupeurs de route », bandes armées qui arpentent et écument les frontières entre la Cameroun, le Tchad et la RCA à l'Est, entre le Cameroun et le Nigéria à l'Ouest. Le but étant la spoliation des biens et le rançonnage par enlèvements. Son développement est concomitant à celui de la circulation des armes légères et de petit calibre (ALPC) du fait de la multiplication des crises politico-militaires, voire de la crise de gouvernementalité dans la sous-région. Il s'agit d'un phénomène aux conséquences sécuritaire, économique, écologique, humanitaire et politique graves. Le caractère transfrontalier des opérations menées par les coupeurs de route alimente une insécurité sous-régionale qui confère à ce phénomène une portée géopolitique.

Pour permettre le retour à la paix et à la sécurité transfrontalière, les Etats ont adopté une démarche unilatérale qui s'est avérée inopérante. En juillet 2005, le Conseil de Sécurité a recommandé une réponse concertée pour mieux sécuriser les espaces transfrontaliers entre le Cameroun, le Tchad et la RCA.

Quel bilan 8 ans après, dans un contexte transnational où l'insécurité, devenue endémique semble s'étendre au-delà du « Triangle de la Mort » vers le Bassin du Congo ?

Résumé du colloque

L’examen de plusieurs États en Afrique amène à faire le constat de sociétés éclatées, sinon à « haute tension », dans lesquelles la cohésion demeure encore un souci majeur. Plusieurs États apparaissent comme des agrégats d’entités visiblement contraintes à vivre ensemble, et qui ne ménagent guère leurs efforts pour afficher leurs particularités. Aussi l’espace politique, lorsqu’il existe, se transforme-t-il en un terrain sur lequel ces différentes entités se concurrencent, parfois bruyamment, mettant en péril l’unité nationale. Particulièrement depuis le début des années 1990, avec la fin du patronage de Guerre Froide, le continent africain a vu éclater un nombre important de conflits civils qui se caractérisent par leur dimension régionale, par la multiplicité des protagonistes, belligérants ou non, par la diversité des motivations, économiques ou politiques, qui les sous-tendent, et par la brutalité des stratégies utilisées. Cette multiplicité des conflits en Afrique a suscité un fort intérêt dans la recherche académique où les hypothèses aussi nombreuses que contradictoires s’évertuent à rendre compte des dynamiques conflictuelles et de leur éventuelle spécificité africaine.

Ce colloque envisage moins de proposer de nouvelles hypothèses explicatives qu’une évaluation critique ainsi qu’un essai de typologie des nombreuses hypothèses concurrentes. Outre une contribution à la recherche académique sur les lumières et les ombres des analyses des conflits en Afrique, ce colloque entend également contribuer à une meilleure épistémologie ainsi qu’à une meilleure méthodologie de l’étude des conflits tout en prenant en compte les dynamiques des sociétés africaines ainsi que les enjeux géopolitiques et stratégiques de ces conflits.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 8 mai 2013

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