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(De quoi) l'acratique épistémique est-il coupable?

AB

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Aude Bandini : Université de Montréal

Résumé de la communication

Le mensonge à soi-même – ou aveuglement volontaire – constitue le paradigme non seulement de l'irrationalité théorique, mais même de la faute épistémique (croire que p bien que l'on ait des raisons suffisantes de croire que non-p). On s'interrogera ici sur la légitimité d'un tel jugement, qui suppose implicitement que l'on puisse concevoir la sphère épistémique au travers de catégories empruntées à l'éthique : il paraît, au moins à première vue, difficile de comprendre ce qu'est l'acquisition d'une croyance en général en la considérant comme une forme d'action, volontaire ou intentionnelle. Mais il demeure l'intuition, que l'expérience commune de l'aveuglement volontaire renforce, selon laquelle nos croyances ne sont pas, ou du moins pas uniquement, déterminées par des raisons théoriques, mais aussi par des intentions ou des motivations (des raisons pratiques). Que veut-on exactement, lorsque l'on pratique l'aveuglement volontaire ou le mensonge à soi-même – si tant est que l'on veuille quelque chose par-là ? et peut-on effectivement atteindre la fin visée par-là ? Quelle est alors la nature des normes (épistémique ou éthique) auxquelles on doit faire référence si l'on veut défendre l'idée qu'il y a bien des devoirs, et partant des fautes (et une responsabilité) épistémiques ?

Résumé du colloque

Nous nous souvenons tous de cette phrase assassine qui clôturait les Thèses sur Feuerbach de Marx et Engels : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer. » Loin d’en entériner d’emblée le constat, la Société de Philosophie du Québec (SPQ) voudrait plutôt, pour son Congrès 2013, convier les philosophes de tous horizons à réfléchir et échanger sur la manière dont la philosophie a, de tous temps, compris son efficace sur le monde. Que le moteur de l’acte de philosopher soit de transformer celui qui en est l’auteur, celui à qui il s’adresse ou encore l’objet qu’il se donne, on ne saurait douter que la philosophie même lorsqu’elle interprète le monde, cherche toujours à le transformer, lui ou ses habitants. À moins, bien sûr, que la philosophie ne soit que le reflet des changements qui s’opèrent dans le monde dont elle est issue…

S’agit-il, comme dans le cas des tentatives qui visent à définir la « vie bonne », de fournir les conditions de possibilité d’une maîtrise ou d’une production de soi, alors la philosophie se donne comme remède, hygiène, exercice ou démarche créatrice. Pour les philosophies qui prennent pour objet les pratiques sociales et les normes sur lesquelles elles s’articulent, c’est leur propre teneur théorique qui prend valeur de praxis dans un effort pour « changer la façon commune de penser » (Denis Diderot). Ainsi, qu’elle demeure purement critique ou qu’elle se donne pour fondatrice de normes nouvelles, la philosophie, toujours, cherche à atteindre les institutions qui fabriquent le sujet ou qui structurent ses relations au monde ou aux autres et d’en ébranler la légitimité.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 8 mai 2013

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