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Anne-France KOGAN : Université Rennes 2
Le secteur culturel connaît actuellement plusieurs questionnements : limites de la démocratisation/participation ; statut des artistes ; légitimité de l'intervention publique, etc. En réponse à cela, de nouvelles façons de créer et de diffuser émergent. Le modèle traditionnel d'une élite savante prescrivant le « bon goût » est complété par un modèle alternatif où la prescription est partagée au profit d'une nouvelle hiérarchisation. Internet est venu renouveler les figures de la démocratie. Une diversité de pratiques politiques se développe, comme celles liées au web participatif. Elles défient les conceptions classiques de la solidarité, en valorisant l'excitation pour le nouveau et l'exploration. Malgré leur diversité, elles incorporent une forme de vie démocratique qui leur est suffisamment idiosyncrasique pour leur être associée. Comment ces valeurs portées par Internet et le champ culturel se font-elles écho ? Permettent-elles de nouvelles modalités de prescription et de diffusion ou reposent-elles sur d'autres rapports de force ? Dans ce contexte, nous menons une recherche-action autour d'un cas précis : le panier culture. Cette initiative d'un circuit-court vise à désintermédier la diffusion culturelle et à développer des relations durables entre publics et artistes. Elle fonctionne selon le schéma suivant : Les premiers résultats présenteront les modalités organisationnelles expérimentées dans sa mise en œuvre, ses valeurs et la façon dont le numérique les modifie.
Ce colloque s’intéresse aux multiples manières par lesquelles les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) modifient l’accès à la culture. Plus particulièrement, il cherche à identifier l’évolution des relations entre formation du goût et dispositifs de prescription ou de recommandation, compte tenu de l’émergence de nouveaux réseaux sociaux dans leurs dimensions tout autant interactives que technologiques. La recherche sociologique a pris acte depuis plus d’une quarantaine d’années de la démultiplication des rapports à la culture et la montée de l’éclectisme en matière de passion et d’intérêt culturel. Le numérique est venu à la fois renforcer et problématiser ces phénomènes. La multiplication des contenus oblige en effet à des processus poussés d’éditorialisation, ce qui tend à accentuer plutôt qu’à éliminer les logiques et dispositifs de prescription (recommandation, découverte, évaluation et classement). Filtres et relais culturels se reconfigurent, posant de la sorte à nouveaux frais la question des rapports de force et des inégalités au sein du champ culturel. Qu’advient-il du jugement et de la critique au sein d’une culture marquée par la montée des « prosommateurs » et où se brouillent les frontières conventionnelles entre professionnels et amateurs? Qu’en est-il du rôle de prescription des groupes de pairs au sein des nouvelles communautés virtuelles? Qui sont et que font ces nouveaux tastemakers et gatekeepers de l’ère numérique : agrégateurs et sites de recommandation de toutes sortes? Comment favorisent-ils un accès différencié à l’information et aux contenus culturels? Les modes opératoires des nouveaux prescripteurs étant conditionnés par l’architecture des sites Internet (interface et algorithmes), dans quelle mesure ces nouvelles « lois » de programmation agissent-elles comme filtres?