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Geneviève Pagé : UQO - Université du Québec en Outaouais
Au Québec, les postulants à l'adoption qui refusent de considérer l'adoption internationale ou régulière doivent se tourner vers le programme Banque-mixte. Ce programme leur permet d'accueillir un enfant jugé à haut risque d'abandon, sans toutefois qu'ils aient la garantie que ce dernier devienne un jour admissible à l'adoption. Cette expérience très particulière de parentalité a très peu été étudiée jusqu'à maintenant. Dans le cadre de sa thèse de doctorat, la présente auteure a tenté de mieux comprendre comment les parents Banque-mixte développent le sentiment d'être le parent de l'enfant qu'ils accueillent, alors qu'ils n'ont ni lien de sang, ni filiation juridique avec ce dernier. Pour ce faire, elle s'est servie de la méthodologie de la théorisation enracinée et a interrogé 25 parents Banque-mixte. Alors que l'on pourrait croire que tous les parents Banque-mixte vivent une expérience similaire en raison de l'incertitude liée à la probabilité que l'enfant devienne adoptable, les résultats de la présente étude montrent plutôt qu'il existe une variabilité d'expériences, pouvant être situées sur un continuum d'incertitude. Trois profils d'expérience différents seront présentés, selon que les participants n'ont vécu aucune incertitude, ont vécu une incertitude passagère ou ont vécu de l'incertitude chronique. Ultimement, il semble que l'incertitude n'empêche pas les parents Banque-mixte de développer le sentiment qu'ils sont les parents de l'enfant qu'ils accueillent.
Les nouvelles configurations familiales occidentales dissocient conjugalité et parentalité, redéfinissent la filiation et contestent l’hétérosexualité : l’institution familiale se redéfinit de fond en comble. Il s’agit à la fois d’une « révolution silencieuse des recompositions familiales », d’une redéfinition des rôles de chacun au sein de la famille, adultes et enfants, d’un réaménagement des rapports entre les familles et la société. Cette mutation rend obsolètes les anciens modèles d’interprétation et d’intervention au point de susciter de sérieux questionnements sur l’adéquation du concept même de famille. Le fossé entre l’idéal familial et la réalité domestique se creuse : à titre d’exemple, le nouvel idéal de liens familiaux électifs est-il véritablement ancré dans la réalité des familles? Par ailleurs, la mobilité intrafamiliale est à l’ordre du jour : un enfant peut avoir, successivement ou concurremment, plusieurs parents, dans des unions à géométrie variable, qui s’occupent de lui et/ou qui lui ont donné la vie. De telle sorte que les aspects biologiques, sociaux et juridiques de la filiation ne coïncident plus toujours. La délocalisation crée également de nouvelles dynamiques, qu’il s’agisse d’adoption internationale, de mobilité internationale de l’aide domestique, ou de familles internationales dont la quotidienneté est rendue possible grâce aux nouvelles technologies. Notre colloque portera sur le thème des nouvelles familles et de la transformation des interventions familiales.
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