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« Écritures singulières au pluriel » : brève étude de l'écriture collaborative par les séries « Élise » (Coups de tête) et « Table des matières » (Quartanier)

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Phillip Schube Coquereau

Résumé de la communication

La récente multiplication des maisons d'édition québécoises a entraîné une augmentation et une diversification des parutions. Cette situation a poussé certaines maisons émergentes vers des choix éditoriaux audacieux qui, sans être inédits, s'avèrent néanmoins symptomatiques des mutations qui affectent la culture tout entière.

Parmi ces choix, nous aimerions aborder le cas de l'écriture collaborative, que celle-ci soit collective ou concertée par un projet ; si l'on peut voir en elle l'influence de facteurs extérieurs économiques ou stratégiques, cela révèle également, pensons-nous, une transformation de la praxis chez les écrivains : la pluralité conjuguée à une nécessité de cohésion entre les propositions réunies stimule leur créativité tout en posant, en aval, certains défis d'analyse au lecteur. Quels traits apparaissent à l'examen de la narrativité singulière ou des formes d'hybridation (thématique, générique, stylistique, médiatique) qu'on ne manque pas d'y retrouver? Quelle portée donner à ces traits? Deux cas riches et distincts nous serviront à développer ces questions : la « Série Élise », une fiction d'anticipation politique en 8 tomes parue chez Coups de tête (2007-2012), et la série « Table des matières » comportant 3 volumes au Quartanier (2005/2007/2009).

Résumé du colloque

On assiste au Québec à une véritable effervescence du milieu de l’édition littéraire depuis le début des années 2000. La dernière décennie, de fait, a vu naître plusieurs maisons – Marchand de feuilles (2000), Les Allusifs (2001), Le Quartanier (2002), Rodrigol (2003), Alto (2005), Ta Mère (2005), Héliotrope (2006), la Peuplade (2006) et Coups de tête (2007), pour ne nommer que celles-là – dont les échos portent la trace d’un renouveau formel, stylistique et discursif. Si le développement de l’institution donne voix à nombre de nouveaux auteurs, Jean-François Chassay assure néanmoins qu’il ne s’agit pas « d’une école ou d’un mouvement littéraire propre à une génération. Au contraire, la variété des esthétiques et des perspectives fonde le dynamisme de ces écritures. » Ce constat d’une telle variété esthétique appelle autant à un examen des politiques éditoriales présentes dans le champ littéraire québécois actuel qu’à celui des pratiques narratives qui s’y profilent. Qu’ils embrassent des veines exploratoires ou classiques, qu’ils oscillent entre le ludisme, le réalisme et le tragique apocalyptique, qu’ils revisitent les codes génériques et les notions canoniques, une part des auteurs qui publient dans ces diverses maisons d’édition se montre rétive à toute tentative de classification. Ainsi, à défaut de parler de « mouvement littéraire », nous souhaitons faire ressortir les lignes de forces, les mouvances esthétiques et narratives, ainsi que les thématiques qui peuplent les pratiques encouragées par les jeunes maisons d’édition québécoises, dans le souci de dresser un portrait élargi des approches poétiques qui logent à l’enseigne de ces nouveaux espaces éditoriaux. Le colloque ouvrira la porte à des réflexions sur des motifs aussi divers que le jeu sur les genres, l’éclatement du récit, la porosité (narrative, générique, spatiale), les mouvances littéraires (néo-terroir, réalisme magique), les récurrences thématiques (catastrophisme, américanité), etc.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 8 mai 2013

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