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Serge Ragano : Université de Toulouse
L'objectif de cette communication est de rendre compte de l'état de la littératie en France à travers deux enquêtes sur les pratiques déclarées des enseignants de fin de maternelle et de première année d'école primaire. Nous nous interrogeons en particulier sur l'impact de deux grandes orientations de la politique éducative française : la loi de rénovation de 1989 qui par l'organisation de la scolarité en cycle permettait d'entreprendre véritablement l'enseignement de la lecture-écriture dès la fin de la maternelle ; les instructions officielles de 2008 qui recentrent les objectifs d'apprentissage en début de primaire sur l'exploration systématique du code phonographique. Pour répondre à ces questions, nous avons interrogé par questionnaire 128 enseignants en maternelle et 236 enseignants de première année de primaire. Les principaux résultats montrent que l'abord de la langue écrite en maternelle
reste toujours au niveau de l'éveil et que si les pratiques liées au code en début de primaire prennent une place importante, elles n'excluent pas d'autres approches de la langue écrite.
L’équipe de recherche en littératie et inclusion de l’UQO et la Chaire interdisciplinaire de recherche en littératie et inclusion au Pavillon du Parc-UQO poursuivent des objectifs complémentaires sur le plan du développement des compétences en littératie et de stratégies permettant aux milieux d’informer et de mieux desservir les personnes vulnérables afin de contribuer ainsi à accroître leur participation citoyenne et leur inclusion. En effet, les recherches actuelles portant sur la littératie francophone démontrent que ce terme, maintes fois défini, est encore problématique, car il est à la fois trop général ou trop restreint selon les contextes scolaires ou professionnels dans lesquels il est utilisé (Hébert et Lépine, 2012). D’une part, des organisations renommées comme Statistique Canada, l’UNESCO et l’OCDE utilisent ce concept et l’identifient comme étant un facteur de développement majeur des individus et des sociétés; d’autre part, les réformes scolaires en francophonie du Nord traitent de la littératie en l’intégrant à des situations d’apprentissage complexes devant se réaliser dans des contextes variés et authentiques. Également, les conclusions des recherches portant sur les compétences en littératie touchent directement la question d’inclusion scolaire. Si l’éducation inclusive renvoie d’abord aux élèves handicapés ou en difficulté d’apprentissage, l’enseignement en contexte multiethnique peut aussi être associé à un phénomène d’inclusion puisqu’il exige des enseignants qu’ils adoptent des pédagogies différenciées (Hébert et Lafontaine, 2010). Il convient également d’examiner à la fois le développement des compétences en littératie des élèves, mais aussi les environnements humains et les contextes socioculturels qui les soutiennent puisque l’inclusion complexifie le travail et augmente les responsabilités des enseignants. Deux axes sont proposés : développement des compétences en littératie en contexte d’inclusion et développement des compétences en littératie en contexte scolaire.
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