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Ethnographie et étude des supports et processus de communication : plaidoyer pour la pluralité des méthodes et le flirt avec leurs limites

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Lucile Desmoulins : Université Paris-Est Marne-la-Vallée

Résumé de la communication

Nous nous proposons dans cette communication de faire un retour sur notre parcours de recherche depuis une première expérience d'ethnographie organisationnelle « juge et partie ». Le deuxième terrain proposé à la relecture permet d'aborder la question de la dissimulation de l'identité dans une expérience en rupture avec la tradition kantienne qui interdit au chercheur d'avancer masqué. Les notions de compétence et d'intégrité, de contrat et de confiance autant que la liberté inaliénable du chercheur à exploiter le fruit de ses observations sont au cœur de nos interrogations. Il s'agit en effet autant de développer les arguments d'un plaidoyer pour le pluralisme des méthodes où la communication organisationnelle ne serait pas une simple promesse étudiée par les SIC et sans cesse contredite par une réalité rendue accessible par un travail d'ethnographie. Nous défendons que la créativité doive se faire au prix d'un flirt avec les limites. Nous ouvrons donc la boîte de Pandore d'une réflexion épistémologique sur des pratiques « borderline » pour partir à la recherche d'une cohérence épistémologique mise à mal par des expériences aussi inconfortables et fructueuses.

Résumé du colloque

Ce colloque sera l’occasion de discuter des pratiques émergentes de l’ethnographie organisationnelle et de souligner sa contribution à la compréhension des organisations. Les travaux de recherche relevant de l’ethnographie organisationnelle ont contribué à explorer, au quotidien, les pratiques des acteurs, et plus précisément de « voir les organisations de l’intérieur » (Laude, 2012) que ce soit des entreprises privées, des hôpitaux, des organisations gouvernementales ou non (Orr, 1996; Grosjean et Lacoste, 1999). Or, les organisations contemporaines se complexifient et évoluent dans un environnement mouvant et incertain. Elles sont devenues plus complexes, fragmentées, dispersées (Borzeix et Cochoy, 2008). Pour tenter de saisir et comprendre toute cette complexité, les chercheurs adoptent une conception dynamique de l’organisation (Langley et Tsoukas, 2010), celle-ci apparaissant alors comme le produit d’un travail continu d’« organizing » (Czarniawska, 2009). Le but est alors de mieux comprendre comment une organisation se constitue, évolue, se transforme, innove, apprend, négocie ses tensions internes et parfois s’effondre, en se positionnant au cœur de l’action, au cœur de l’organisation. Les chercheurs font l’hypothèse que la compréhension des pratiques effectives des acteurs organisationnels, de la manière d’agir et d’être d’une organisation passe par un travail de type ethnographique. On constate que les méthodes mises en œuvre dans des travaux récents se diversifient et évoluent afin de rendre compte du travail d’organisation (« organizing ») qui s’accomplit au quotidien, et de saisir toute la complexité des organisations (Ybema et al., 2009; Yanow, 2009; Watson, 2011). On voit émerger de nouvelles formes d’ethnographie organisationnelle telles que : le shadowing, l’ethnographie multimodale, la photoethnographie, l’autoethnographie, etc.; autant de pratiques émergentes que nous souhaitons discuter dans le cadre de ce colloque.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 8 mai 2013

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