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Abigaïl Guimont Fitz : Université Laval
Il existe présentement une augmentation des flux migratoires du Mexique vers le Canada liée à la nécessité de main-d'œuvre dans le secteur agricole. Peu d'études se sont penchées sur les effets positifs possibles de la migration, plus subtils et difficiles à percevoir que les négatifs, très médiatisés. Notamment, on en connaît peu sur le développement du capital humain, l'entrepreneuriat et la création d'associations communautaires chez les travailleurs migrants saisonniers du Programme des travailleurs agricoles saisonniers.
L'objectif principal de cette étude est de vérifier si, avec le programme, ces travailleurs et leurs proches retirent des avantages qui soient associés à l'un des trois éléments mentionnés plus haut. Pour ce faire, 30 entrevues semi-dirigées ont été menées auprès de travailleurs mexicains à Québec et l'Assomption. Les résultats indiquent que les effets positifs ne se traduisent pas par la création d'entreprises ou d'associations mais plutôt par l'augmentation du niveau de vie de la famille immédiate du migrant et dans quelques cas par le développement du capital humain. Celui-ci naît d'une prise de conscience de sa condition comme paysan en marge de l'économie mexicaine, en mode de survie, d'où une volonté de dépassement et d'autonomie pour l'autre génération.
Le processus de marginalisation de certains groupes étant souvent d’origine structurel, il engendre une dynamique sociale inéquitable reproduite par des structures de pouvoir institutionnalisées qui perdurent dans le temps. Afin de rompre avec le statu quo et de rééquilibrer les forces entre les groupes laissés pour compte et le reste de la société, des réformes sociales et juridiques ont eu lieu dans de nombreuses sociétés du nord comme du sud des Amériques, incluant la mise sur pied de programmes de lutte contre la pauvreté, d’assistance sociale, de réinsertion sur le marché de l’emploi et, plus récemment, d’économie sociale et d'une réforme pénale. Alors que des progrès indéniables ont été enregistrés, il reste que certains groupes vulnérables échappent toujours à la protection de l’État et se retrouvent marginalisés, sans possibilité de pleinement participer à la vie citoyenne de leur nation, c’est-à-dire sans la possibilité d’exercer les droits ni les responsabilités qui leur reviennent comme citoyens selon les principes d’égalité, de solidarité et de justice sociale. Les objectifs de ce colloque sont les suivants : 1) Regrouper des chercheurs et intervenants de la vie associative travaillant à l’identification de formules visant le renversement de structures favorisant et maintenant la marginalisation sociale et géographique de certains groupes de population et de localités, tant en milieu rural qu’urbain, dans les Amériques; 2) Examiner le rôle de la mobilisation des ressources et du leadership comme conditions essentielles à l’élaboration de projets issus de l’économie sociale; 3) À l’aide de la mise en commun d’expériences positives et d’échecs, tenter d’élaborer sur les éléments et les facteurs d’un modèle systémique favorisant l’inclusion des populations marginalisées dans les structures juridico-administratives ayant une influence sur le développement local et leur bien-être; 4) Rendre compte de l’importance de la production collective de savoirs à propos des localités et des groupes de population marginalisés, combinant savoirs scientifique et local/traditionnel, en tant qu’outil de redynamisation des localités.