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Existe-t-il des arguments esthétiques?

MG

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Martin Gibert : Université de Montréal

Résumé de la communication

Nous sommes habitués à rencontrer et à évaluer des arguments moraux ou épistémiques. Ils nous donnent des raisons d'agir ou de croire. Mais qu'en est-il de la normativité esthétique ? Existe-t-il quelque chose comme des arguments esthétiques ? Militent-ils pour l'attribution de certaines valeurs esthétiques ? Et qu'est-ce que seraient des raisons proprement esthétiques d'apprécier ou de déprécier (esthétiquement) quelque chose? Par ailleurs, si l'on doit trancher des dilemmes esthético-éthiques, des raisons esthétiques peuvent-elles faire le poids face à des raisons morales ou bien faut-il plutôt considérer qu'il y a une incommensurabilité entre ces deux domaines normatifs ? Dans cette présentation très prospective, je souhaite m'interroger sur la nature et la fonction d'éventuels arguments esthétiques et proposer quelques pistes pour penser l'unité de la normativité.

Résumé du colloque

Nous nous souvenons tous de cette phrase assassine qui clôturait les Thèses sur Feuerbach de Marx et Engels : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer. » Loin d’en entériner d’emblée le constat, la Société de Philosophie du Québec (SPQ) voudrait plutôt, pour son Congrès 2013, convier les philosophes de tous horizons à réfléchir et échanger sur la manière dont la philosophie a, de tous temps, compris son efficace sur le monde. Que le moteur de l’acte de philosopher soit de transformer celui qui en est l’auteur, celui à qui il s’adresse ou encore l’objet qu’il se donne, on ne saurait douter que la philosophie même lorsqu’elle interprète le monde, cherche toujours à le transformer, lui ou ses habitants. À moins, bien sûr, que la philosophie ne soit que le reflet des changements qui s’opèrent dans le monde dont elle est issue…

S’agit-il, comme dans le cas des tentatives qui visent à définir la « vie bonne », de fournir les conditions de possibilité d’une maîtrise ou d’une production de soi, alors la philosophie se donne comme remède, hygiène, exercice ou démarche créatrice. Pour les philosophies qui prennent pour objet les pratiques sociales et les normes sur lesquelles elles s’articulent, c’est leur propre teneur théorique qui prend valeur de praxis dans un effort pour « changer la façon commune de penser » (Denis Diderot). Ainsi, qu’elle demeure purement critique ou qu’elle se donne pour fondatrice de normes nouvelles, la philosophie, toujours, cherche à atteindre les institutions qui fabriquent le sujet ou qui structurent ses relations au monde ou aux autres et d’en ébranler la légitimité.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 8 mai 2013

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