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Marie-Agnès Barrere : Centre national de la recherche scientifique
Les transformations des 30 dernières années ont conduit à une déstructuration de la famille dite conjugale. Baisse de la fécondité, augmentation des séparations conjugales, familles recomposées en sont les principaux éléments. Désormais lien conjugal et lien parental sont souvent dissociés. Quelles conséquences pour la place de l'enfant par rapport à ses géniteurs, aux adultes qui l'élèvent ? Quelles incidences sur le lien parental et les rapports entre parents ? Quelles politiques familiales, sociales et économiques mettre en place pour garantir le lien parental ? La contribution vise à analyser le sens de ces transformations où la relation entre l'enfant et chacun de ses parents est devenue le centre des préoccupations sociales, à travers la garantie de droits et de devoirs. De plus, à comprendre les transformations récentes des relations intergénérationnelles au sein de familles où désormais les grands-parents ont souvent une triple charge. Celle de leurs aînés, plus nombreux dans une société vieillissante. Celle de leurs petits-enfants alors que les modes de garde sont insuffisants. Et plus souvent aujourd'hui celle de leurs enfants adultes, victimes de séparations conjugales et/ou du chômage. D'où la nécessité de repenser les politiques sociales, mais aussi d'emploi, pour tenir compte des limites de nos Etats-providence, et permettre notamment aux hommes et surtout aux femmes de travailler plus longtemps tout en conciliant les impératifs d'une charge familiale multiforme.
Les nouvelles configurations familiales occidentales dissocient conjugalité et parentalité, redéfinissent la filiation et contestent l’hétérosexualité : l’institution familiale se redéfinit de fond en comble. Il s’agit à la fois d’une « révolution silencieuse des recompositions familiales », d’une redéfinition des rôles de chacun au sein de la famille, adultes et enfants, d’un réaménagement des rapports entre les familles et la société. Cette mutation rend obsolètes les anciens modèles d’interprétation et d’intervention au point de susciter de sérieux questionnements sur l’adéquation du concept même de famille. Le fossé entre l’idéal familial et la réalité domestique se creuse : à titre d’exemple, le nouvel idéal de liens familiaux électifs est-il véritablement ancré dans la réalité des familles? Par ailleurs, la mobilité intrafamiliale est à l’ordre du jour : un enfant peut avoir, successivement ou concurremment, plusieurs parents, dans des unions à géométrie variable, qui s’occupent de lui et/ou qui lui ont donné la vie. De telle sorte que les aspects biologiques, sociaux et juridiques de la filiation ne coïncident plus toujours. La délocalisation crée également de nouvelles dynamiques, qu’il s’agisse d’adoption internationale, de mobilité internationale de l’aide domestique, ou de familles internationales dont la quotidienneté est rendue possible grâce aux nouvelles technologies. Notre colloque portera sur le thème des nouvelles familles et de la transformation des interventions familiales.
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