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Johanne Maltais : Office québécois de la langue française
L'action de l'Office québécois de la langue française en matière linguistique s'applique aussi bien au lexique général qu'à la terminologie, conformément au cadre défini par la Charte de la langue française. À l'Office, nous considérons que si la norme de référence fournit un modèle aux usagers, elle ne vise en aucun cas à éliminer la diversité linguistique. Une langue sert, en effet, à exprimer la diversité des situations, des lieux et des types d'interaction dans lesquels les locuteurs sont susceptibles de se trouver. Cette ouverture à la diversité et à la variation, qui était en gestation depuis plusieurs années, s'est confirmée en 2001 dans la Politique de l'officialisation linguistique (POL). Pourtant, l'acceptation de cette idéologie innovante bute encore sur des années de pratique terminologique traditionnelle à l'Office. Les défis actuels sont de développer et d'implanter des méthodes de travail actualisées qui intègrent les avancées théoriques et de réussir à orienter l'usage rationnellement en hiérarchisant et en expliquant nos choix (plutôt que d'accepter ou de condamner, sans nuances), tout en tenant compte des changements sociolinguistiques de plus en plus rapides. Notre exposé présentera les approches méthodologiques mises en place à l'Office afin de respecter le cadre idéologique imposé par la POL, ainsi que celles à venir. Nous mettrons également en perspective les difficultés liées à ces nouvelles approches et donnerons un aperçu des solutions envisageables.
Dès leur mise en circulation, mots et termes sont sujets à la variation. Celle-ci peut s’articuler dans le temps. « Les mots s’empruntent, s’oublient, se perdent, se renouvellent », écrit si bien Arsène Darmesteter en 1889 dans La vie des mots. La variation lexicale peut aussi s’articuler dans l’espace, ce qu’illustrent notamment les travaux de Claude Poirier sur le français québécois et d’André Thibault sur les français des Antilles. D’autres mouvements lexicaux, telles la terminologisation et la déterminologisation (mouvements décrits et nommés par Ingrid Meyer), sont moins connus. La terminologisation correspond au passage dans la langue générale d’unités lexicales spécialisées; la déterminologisation correspond au phénomène inverse, lorsque des unités lexicales connues de tous migrent vers le discours spécialisé. La description généralement adoptée du lexique en fonction de domaines de spécialité cloisonnés ne permet pas de décrire et de saisir adéquatement le passage des unités lexicales d’une sphère de connaissances à une autre. Si les linguistes qui oeuvrent en lexicologie s’intéressent depuis longtemps à la variation sous ses diverses formes, il en va autrement de ceux qui oeuvrent en terminologie. La variation terminologique est un phénomène qui n’est décrit que depuis la fin des années 1990, à la suite de travaux plus étroitement liés à la linguistique de corpus et à l’informatique. L’étude théorique de la variation, bien qu’intéressante, doit pouvoir déboucher sur des approches méthodologiques visant la prise en charge lexicographique et terminographique des divers types de variation dans les dictionnaires et les bases de données lexicales. Dans un tel contexte, réunir des chercheurs provenant de la lexicologie, de la lexicographie, de la terminologie, de la linguistique de corpus et de l’informatique, des sciences cognitives, etc., contribuera nécessairement à enrichir la réflexion sur le sujet.
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