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LOMOMBA EMONGO : Université de Montréal
Interculturalité ; en voilà un terme aux multiples variantes graphiques : interculture, interculturalisme, inter-cultures, etc. En voilà surtout un terme en passe de devenir un maître-mot, un concept-mythe dans le chef de certains intellectuels et idéologues québécois. Nouvelle innocence ou bien nouvelle surcharge sémantique, la question mérite d'être posée. Des questions, il en est une autre préalable : quelle est l'archéologie du mot Interculturalité (et variantes), bien avant qu'il n'acquiert son certificat de sélection du Québec ? Le présent essai vise cette interrogation d'amont. Pour ce faire, il tiendra grandement compte des remarquables travaux de Raimundo Panikkar : partant de la rencontre entre l'Occident et l'Orient, ils conduiront leur auteur du phénomène religieux au phénomène culturel, de la démarche dialectique à la démarche dialogique, du logos au mythos ce, sans exclusion d'un terme par l'autre et sans confusion des deux termes. En un mot, Panikkar va du dialogue à l'interculturalité, cet « impératif philosophique de notre temps », ce « no man's land, dont tous nous pouvons jouir pourvu que nous ne veuillons pas le posséder. »
Depuis quelques années, le mot « interculturalisme » connaît un regain d’intérêt au Québec. S’agit-il d’une nouvelle idéologie politique québécoise ou bien d’un réaménagement terminologique de certaine idéologie opposant sans doute indûment le Québec au reste du Canada et, dans une autre mesure, les immigrants aux Québécois « de souche » ?
Il nous importe de noter tout de suite que, comme toute société issue de l’immigration, le Québec a toujours composé avec les dynamiques interculturelles. D’où l’inquiétude épistémologique que suscite le recyclage du mot et, partant, la réalité de l’interculturel, dans le sens du nouveau mythe fondateur du Québec.
En effet, dans un texte récent au sujet de l’interculturalisme, l’historien et sociologue Gérard Bouchard donne l’impression que l’interculturalisme, malgré quelques flous autour de sa définition, serait l’objet d’un certain consensus, et pas seulement dans le milieu académique (2010 : 2). Mais de quel interculturalisme parle-t-on exactement ? Cette question se pose au sujet de la série d’activités qui visaient à définir la notion d'interculturalisme, visiblement dans l’optique d’articuler un modèle québécois de gestion de la diversité culturelle (voir http://www.symposium-interculturalisme.com/1/accueil/fr), suite au rapport final de la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles (La commission Bouchard-Taylor).
Le risque d’instrumentalisation du terme est ici patent. À ce seul titre, nous nous croyons fondés de proposer une lecture alternative de la « généalogie » du terme et de ses assertions dans le contexte québécois contemporain. Dans le cadre de ce colloque nous proposons une réflexion sur l’interculturalisme qui serait capable d'intégrer non seulement des données théoriques mais aussi des éléments sociohistoriques afin d’interroger la réalité interculturelle du Québec d’aujourd’hui.
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