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La carrière politique de l'interculturalisme au Québec

BW

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Bob W. White : Université de Montréal

Résumé de la communication

L'interculturalisme se trouve actuellement au centre d'un débat de société qui oppose d'un côté les immigrants et de l'autre les Québécois « de souche ». Dans un certain sens le Québec a toujours été une société qui compose avec les dynamiques interculturelles, et le terme non plus n'est pas nouveau au Québec. Afin d'interroger le consensus qui, selon certains auteurs, aurait émergé autour du terme dernièrement, ce texte propose une analyse de l'utilisation politique de l'utilisation du terme depuis la tenue de la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles (La Commission Bouchard-Taylor) en 2007. Suite aux audiences publiques de la commission, qui ont été diffusé largement au Québec et qui ont été l'objet de beaucoup de critiques, l'idée de l'interculturalisme a occupé une place importante dans les médias et dans l'espace public. Une analyse interculturelle de certains textes et discours entourant la publication du livre met en évidence l'instrumentalisation du terme à travers l'identification de trois stratégies rhétoriques : opposition entre interculturalisme et multiculturalisme, glissement entre facteurs prescriptifs et facteurs descriptifs, utilisation romantique de la notion du dialogue. La vision dominante de l'interculturalisme au Québec représente une vision monoculturelle de la diversité (et non pas interculturelle) parce qu'elle ignore l'histoire de la pensée interculturelle au Québec.

Résumé du colloque

Depuis quelques années, le mot « interculturalisme » connaît un regain d’intérêt au Québec. S’agit-il d’une nouvelle idéologie politique québécoise ou bien d’un réaménagement terminologique de certaine idéologie opposant sans doute indûment le Québec au reste du Canada et, dans une autre mesure, les immigrants aux Québécois « de souche » ?

Il nous importe de noter tout de suite que, comme toute société issue de l’immigration, le Québec a toujours composé avec les dynamiques interculturelles. D’où l’inquiétude épistémologique que suscite le recyclage du mot et, partant, la réalité de l’interculturel, dans le sens du nouveau mythe fondateur du Québec.

En effet, dans un texte récent au sujet de l’interculturalisme, l’historien et sociologue Gérard Bouchard donne l’impression que l’interculturalisme, malgré quelques flous autour de sa définition, serait l’objet d’un certain consensus, et pas seulement dans le milieu académique (2010 : 2). Mais de quel interculturalisme parle-t-on exactement ? Cette question se pose au sujet de la série d’activités qui visaient à définir la notion d'interculturalisme, visiblement dans l’optique d’articuler un modèle québécois de gestion de la diversité culturelle (voir http://www.symposium-interculturalisme.com/1/accueil/fr), suite au rapport final de la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles (La commission Bouchard-Taylor).

Le risque d’instrumentalisation du terme est ici patent. À ce seul titre, nous nous croyons fondés de proposer une lecture alternative de la « généalogie » du terme et de ses assertions dans le contexte québécois contemporain. Dans le cadre de ce colloque nous proposons une réflexion sur l’interculturalisme qui serait capable d'intégrer non seulement des données théoriques mais aussi des éléments sociohistoriques afin d’interroger la réalité interculturelle du Québec d’aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
Discutant-e- de la session : Celine Cooper
section icon Date : 8 mai 2013

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