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Christopher Bryant : Université de Montréal
Depuis les années 1990, on assiste à une reconnaissance accrue de la complexité de la dynamique des communautés rurales périurbaines, en lien avec l'urbanisation diffuse et les transformations agricoles. Toutefois, est-ce que cette dynamique est si nouvelle? Par exemple, de nombreuses communautés rurales périurbaines depuis la fin du 19ième siècle en Europe ont été caractérisées par une complexité réelle en termes de compositions socioéconomiques et jusqu'aux années 1960 des populations non agricoles et agricoles vivaient très bien ensemble. Qu'est-ce qui a changé? La montée de valeurs différentes (ex. valeurs environnementales)? La recherche de services urbains dans les milieux ruraux périurbains? Les difficultés de cohabitation entre non agriculteurs nouvellement installés et les agriculteurs? Une solution pour limiter les problèmes a été la création de programmes de protection/conservation des terres agricoles. Mais est-ce que cette démarche est adéquate? De plus, quoi d'autre faut-il faire pour assurer la pérennité des ressources agricoles et pour maintenir une dynamique communautaire équitable? En bref, comment tenir compte de la complexité réelle de ces communautés y compris leurs populations et systèmes de production agricole en utilisant les principes du développement durable? Nous répondrons à ces interrogations avec une synthèse de la littérature pertinente depuis les années 1940 ainsi que des études de cas en France et en Amérique du nord.
Le CELAT (Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions) propose de tenir son colloque annuel à l’Acfas sur le thème « Lieux de passage et vivre-ensemble ». Depuis deux ans, notre centre développe une expertise sur le concept de vivre-ensemble, entendu comme les formes et les enjeux de la vie collective découlant de la diversité et du pluralisme, marquant les relations entre les groupes majoritaires et minoritaires ou minorisés et les individus qui les composent, leurs interactions et formes de vie et d’expression, leurs appartenances à des territoires, leurs langages, leurs mémoires et leurs expérimentations. Pour ce colloque, nous souhaitons explorer ce concept à travers les « lieux de passage » qui forment un véritable laboratoire des relations du nous-même au nous-autre marquant une évolution constante du vivre-ensemble. Nous entendons par lieux de passage autant des espaces physiques que des espaces temporels ou symboliques, dont les frontières sont inexistantes ou en perpétuelle redéfinition. À l’ère de la pluralisation croissante des sociétés et de la mouvance de celles-ci, le vivre-ensemble trouve toute sa pertinence dans ces lieux de passage.
Pour explorer cette thématique, une séance plénière organisée autour de ces deux notions permettra de réfléchir à ces deux notions envisagées différemment selon les implications (trans-)disciplinaires de chacun. Par la suite, quatre grands axes de recherche ont été identifiés afin de traiter de la question sous des perspectives différentes. Le premier concerne le vivre-ensemble appréhendé à travers les lieux de la mobilité pour saisir la reconceptualisation des frontières normatives, que celles-ci soient corporelles (corps et média), transnationales (mobilité franco-canadienne) ou sociétales (politique et artistique). Le deuxième axe se consacre à la trame narrative des lieux naturels et bâtis comme reflet de la collectivité, trame examinée à partir de la question de l’urbanisation diffuse à l’aune du développement durable. Le troisième explore la mise en représentation du vivre-ensemble à travers des sites patrimoniaux en crise qui connaissent une période de transition. Le quatrième s’articule autour de lieux sujets à la performativité du vivre-ensemble qui amènent une réflexion sur le rôle de l’art dans la sphère publique (l’art et la ville) ou scientifique (audio-vision et expériences du monde).
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