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Marie-Caroline Heïd : Université de Montpellier
L'institutionnalisation du métier de « community manager » participe à une reconfiguration des métiers, avec parfois « des reconversions ou des diversifications de tâches » (Michel). Nous proposons de mener une analyse des pratiques des communicants dans le secteur viti-vinicole, sur un réseau social spécifique : les « pages fans » sur Facebook. Les professionnels chargés d'initier la promotion de leur domaine sur les médias sociaux, pour la plupart autodidactes, prennent souvent appui sur leurs pratiques micro-sociales ordinaires pour les adapter au cadre professionnel (De Lavergne, Heïd). Cependant, cette activité apparaît comme complexe dans le sens où elle découle de besoins organisationnels variés. Elle nécessite aussi d'adapter la communication d'un produit du terroir aux logiques contemporaines du web social tout en prenant en compte les besoins des usagers. Nous analyserons cette dynamique au travers de trois pôles : les interfaces de ces pages qui proposent un rôle et des pratiques spécifiques aux internautes, les enjeux des professionnels, déclinés sur plusieurs niveaux, et enfin les pratiques des usagers qui vont s'engager sur ces médias. Dans cet objectif, nous prendrons appui sur des données recueillies dans le cadre d'entretiens semi-directifs menés auprès de communicants du secteur viti-vinicole dans le Languedoc-Roussillon. Nous complèterons par des observations approfondies des prescriptions d'actions relevées sur les pages Facebook qu'ils animent.
Ce colloque s’intéresse aux multiples manières par lesquelles les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) modifient l’accès à la culture. Plus particulièrement, il cherche à identifier l’évolution des relations entre formation du goût et dispositifs de prescription ou de recommandation, compte tenu de l’émergence de nouveaux réseaux sociaux dans leurs dimensions tout autant interactives que technologiques. La recherche sociologique a pris acte depuis plus d’une quarantaine d’années de la démultiplication des rapports à la culture et la montée de l’éclectisme en matière de passion et d’intérêt culturel. Le numérique est venu à la fois renforcer et problématiser ces phénomènes. La multiplication des contenus oblige en effet à des processus poussés d’éditorialisation, ce qui tend à accentuer plutôt qu’à éliminer les logiques et dispositifs de prescription (recommandation, découverte, évaluation et classement). Filtres et relais culturels se reconfigurent, posant de la sorte à nouveaux frais la question des rapports de force et des inégalités au sein du champ culturel. Qu’advient-il du jugement et de la critique au sein d’une culture marquée par la montée des « prosommateurs » et où se brouillent les frontières conventionnelles entre professionnels et amateurs? Qu’en est-il du rôle de prescription des groupes de pairs au sein des nouvelles communautés virtuelles? Qui sont et que font ces nouveaux tastemakers et gatekeepers de l’ère numérique : agrégateurs et sites de recommandation de toutes sortes? Comment favorisent-ils un accès différencié à l’information et aux contenus culturels? Les modes opératoires des nouveaux prescripteurs étant conditionnés par l’architecture des sites Internet (interface et algorithmes), dans quelle mesure ces nouvelles « lois » de programmation agissent-elles comme filtres?
Thème du colloque :