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Matthieu Leblanc
Il se dit beaucoup de choses sur la formation des traducteurs professionnels et l'adéquation des compétences acquises aux exigences du marché du travail. À l'heure actuelle, le marché canadien de la traduction connaît effectivement des changements, sinon des transformations, sous l'effet notamment de la concurrence étrangère et la place grandissante des outils d'aide à la traduction. Mais qu'en est-il au juste? Qu'en pensent les diplômés frais émoulus des écoles de traduction? Et que disent les employeurs de ces nouvelles recrues ? Dans cette communication, nous présenterons les résultats partiels d'une étude menée auprès de traducteurs professionnels (débutants, intermédiaires et chevronnés) dans trois entreprises et services de traduction canadiens. Même si nous nous sommes, pour cette étude, intéressé surtout à la place des technologies langagières dans le travail du traducteur, nous avons également, en parallèle, interrogé un grand nombre de traducteurs sur la formation qu'ils ont reçue en traduction afin de voir si, à leur sens, elle répond bien aux exigences du marché du travail. Par exemple, les traducteurs débutants sont-ils d'avis que la formation initiale en traduction, acquise essentiellement au baccalauréat, les a bien préparés pour le marché du travail? La formation reçue était-elle trop générale ou trop spécialisée? Quelles en étaient les lacunes, le cas échéant, ainsi que les points forts? La formation aux outils est-elle suffisamment intégrée au cursus?
Sous l’influence des grands courants de la mondialisation et dans le contexte de l’informatisation accrue des pratiques professionnelles et universitaires, la formation aux professions langagières – mise en place il y a près d’une cinquantaine d’années – , est appelée à se questionner et à s’adapter.
L’ère classique de la traduction bilingue à visée institutionnelle canadienne a peut-être vécu, du moins les cursus doivent-ils s’ouvrir à de nouvelles orientations comme le multilinguisme, la traduction audiovisuelle, la localisation ou la gestion de projets, par exemple. On constate par ailleurs que la pratique terminologique canadienne s’intéresse de plus en plus aux langues des Amériques, aux langues romanes et à diverses autres langues du monde. Peu à peu, l’enseignement en ligne prend de l’ampleur, donnant lieu à de nouvelles expérimentations pédagogiques ou didactiques et renforçant encore la réflexion concernant les objectifs et les contenus de formation et les moyens à mettre en oeuvre dans une démarche raisonnée, qui écarte résolument l’empirisme. La place de la théorie comme composante essentielle des cursus de premier cycle s’impose désormais, ouvrant la voie à des formations avancées, qui se sont beaucoup développées au fil du temps et ont permis l’émergence de la discipline traductologique.
Le colloque qui s’adresse aux universitaires et aux professionnels langagiers vise à s’interroger sur les nouvelles pratiques et les nouvelles orientations ainsi que sur les arrimages qu’il convient d’envisager entre la formation initiale et les savoirs théoriques touchant les processus traductifs, les contextes sociologiques de la traduction ou encore les caractéristiques actuelles et futures des pratiques en traduction, terminologie, interprétation ou rédaction spécialisée.
Qu’il s’agisse des théories ou des pratiques de terrain ou des modalités de formation, l’accent sera mis sur les innovations et les besoins de changement. Où en sommes-nous et où allons-nous ? Quels sont les besoins et les réalisations en matière de traduction vers la langue seconde (anglais ou rançais) ou les troisièmes langues, ou à partir de ces dernières? Quelle est la place du multilinguisme et des langues autochtones? Qu’en est-il de la formation en terminologie et en interprétation, de la traduction automatique ou assistée par ordinateur, des traductions spécialisées et des didactiques qui leur sont propres? Quel est le rôle de la traductologie dans les cursus? Quels sont les liens à maintenir avec la linguistique ou la littérature? Le colloque est une invitation à un brassage d’idées visant
l’optimisation des formations offertes.
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