pen icon Colloque
quote

La Guerre des Calicots ou le refus de la caricature

PD

Membre a labase

Peggy Davis

Résumé de la communication

Le personnage de M. Calicot, archétype du jeune commis marchand prétentieux, aimant parader sur les promenades à la mode comme un vétéran de guerre, portant éperons sonores et moustaches extravagantes, fait son apparition sur la scène du Théâtre des Variétés à l'été 1817.??

??C'est aux estampes satiriques de 1817 qu'il revient d'avoir exploré et répertorié les manifestations du Calicot comme type social parisien, tel qu'il sera appréhendé tout au long du XIXe siècle dans la littérature de moeurs et dans la littérature physiologique. La représentation de types sociaux parisiens dans la culture visuelle et imprimée de la Restauration répond au goût du public pour la classification, le décryptage et la compréhension des rôles sociaux d'une modernité urbaine en mutation. Ainsi, en aval des modèles de classification scientifique hérités des Lumières et de la physiognomonie du début du XIXe siècle, mais en amont des Physiologies réalistes, l'imagerie satirique du Calicot produite en 1817 constitue un jalon dans l'effort d'observation sociale en même temps qu'un vecteur du discours satirique dans la culture de masse.

Résumé du colloque

Ce colloque veut réunir les chercheurs établis et émergents qui s’intéressent aux démarches satiriques dans les arts visuels. Deux types de question sont à l’agenda : quels impacts peut-on tracer sur la représentation visuelle à partir de ces démarches; quelles inquiétudes et polémiques (sociales, politiques, culturelles, identitaires...) permettent-elles de circuler? Ensuite, comment l’étude de la satire visuelle transforme-t-elle l’histoire de l’art en tant que discipline? Depuis la fin du 18e siècle notamment, les formes satiriques de l’image, souvent virtuoses par ailleurs, ont regagné les sphères de l’imprimé de masse, pour éventuellement regagner ceux du musée et de l’archive, participant souvent par ailleurs (et parfois contre gré) aux narrations que forment les États au sujet de leurs trajectoires historiques. Depuis les années 1950, il semblerait qu’on assiste à l’intensification progressive du recours aux modes satiriques dans l’art contemporain, et ce, de manière directe à travers les infrastructures associatives et institutionnelles de l’art qui s’occupent des formes « anciennes » et « nouvelles » des arts visuels. La circulation de l’image satirique s’avère être un comportement qui travaille les structures géopolitiques de la culture occidentale et le statut chancelant de l’œuvre d’art, s’arrogeant les discours sur l’identité individuelle et collective, pour constituer une discursivité parallèle qui miroite et infiltre les lieux, les ambitions et les désirs des beaux-arts, souvent pour les rattacher à d’autres régimes, politique et économique notamment, à l’aide de stratégies humoristiques, « ridiculisantes » et renversantes.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 8 mai 2013

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :