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Monique Poulot
Longtemps qualifié de contre-ville, voire d'anti-ville (Ripoll et Rivière 2007), le périurbain, qui concentre 3O% de la population française, sort peu à peu de son statut monofonctionnel de résidence et de consommation. Des solidarités territoriales se mettent en place, prenant des formes spécifiques dans un milieu caractérisé par des “densités dispersées” (Bres et Mariolle, 2009). Plus encore, à rebours des débats sur la durabilité condamnant la ville étalée au profit de la ville dense, les ménages périurbains en viennent à considérer leurs espaces de vie comme des lieux pratiques à l'éclosion de pratiques plus “écologiquement responsables et solidaires” (Desjardins et al., 2010). Dans ce contexte, la mixité fonctionnelle est devenue le maître-mot des aménageurs et des élus, notamment dans le périurbain francilien.
Notre propos est d'interroger ici un certain nombre de projets en cours dans ce périurbain francilien, particulièrement à l'Ouest de la métropole. Cette volonté d'une mixité fonctionnelle se retrouve d'abord dans des opérations de densification autour de la notion “d'urbanisme endogène” (parcs naturels de Chevreuse et du Vexin). Elle s'épanouit aussi dans le programme BIMBY (Built in my back yard) en réponse au NIMBY et à l'image d'un périurbain qui verse dans les clubs résidentiels (Charmes, 2005). Elle s'exprime enfin dans la mise en articulation des espaces agricoles (jardins familiaux et exploitations agricoles de proximité) et bâtis.
Le CELAT (Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions) propose de tenir son colloque annuel à l’Acfas sur le thème « Lieux de passage et vivre-ensemble ». Depuis deux ans, notre centre développe une expertise sur le concept de vivre-ensemble, entendu comme les formes et les enjeux de la vie collective découlant de la diversité et du pluralisme, marquant les relations entre les groupes majoritaires et minoritaires ou minorisés et les individus qui les composent, leurs interactions et formes de vie et d’expression, leurs appartenances à des territoires, leurs langages, leurs mémoires et leurs expérimentations. Pour ce colloque, nous souhaitons explorer ce concept à travers les « lieux de passage » qui forment un véritable laboratoire des relations du nous-même au nous-autre marquant une évolution constante du vivre-ensemble. Nous entendons par lieux de passage autant des espaces physiques que des espaces temporels ou symboliques, dont les frontières sont inexistantes ou en perpétuelle redéfinition. À l’ère de la pluralisation croissante des sociétés et de la mouvance de celles-ci, le vivre-ensemble trouve toute sa pertinence dans ces lieux de passage.
Pour explorer cette thématique, une séance plénière organisée autour de ces deux notions permettra de réfléchir à ces deux notions envisagées différemment selon les implications (trans-)disciplinaires de chacun. Par la suite, quatre grands axes de recherche ont été identifiés afin de traiter de la question sous des perspectives différentes. Le premier concerne le vivre-ensemble appréhendé à travers les lieux de la mobilité pour saisir la reconceptualisation des frontières normatives, que celles-ci soient corporelles (corps et média), transnationales (mobilité franco-canadienne) ou sociétales (politique et artistique). Le deuxième axe se consacre à la trame narrative des lieux naturels et bâtis comme reflet de la collectivité, trame examinée à partir de la question de l’urbanisation diffuse à l’aune du développement durable. Le troisième explore la mise en représentation du vivre-ensemble à travers des sites patrimoniaux en crise qui connaissent une période de transition. Le quatrième s’articule autour de lieux sujets à la performativité du vivre-ensemble qui amènent une réflexion sur le rôle de l’art dans la sphère publique (l’art et la ville) ou scientifique (audio-vision et expériences du monde).
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