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Jean Archambault
Notre programme de recherche porte sur le travail des directions d'écoles primaires en milieu défavorisé. Nos objectifs sont de documenter ce travail dans l'optique d'alimenter le développement professionnel. Au cours de ces travaux, l'examen de la littérature a fait ressortir l'importance de l'exercice d'un leadership de justice sociale par les directions (Ayers, Quinn et Stoval, 2009), ce qui nous a amenés à nous y intéresser.
Une première étude portant sur le discours de 45 directions à propos de leur travail, a montré que la justice sociale faisait peu partie de leurs préoccupations. Nous avons voulu en savoir davantage en observant le travail de 12 directions : nous n'avons observé que très peu d'interventions reliées à la justice sociale. Une question s'est imposée : la justice sociale serait-elle absente des préoccupations des directions d'écoles ?
Nous avons ensuite interviewé 3 directions reconnues pour leur sensibilité à la justice sociale, à propos de leur leadership en matière de justice sociale. Au contraire de nos deux premières études (Archambault et Garon, 2011), nous avons obtenu des données sur 1- les visions de la justice sociale, les attitudes et les valeurs; 2- les objets d'injustice ou d'iniquité; 3- les moments, les événements et les situations où les directions disent intervenir, et 4- les interventions que les directions disent mener. Nous présenterons ces résultats et leurs retombées sur la formation des directions et sur la recherche future.
En raison à la fois de sa nature relationnelle et de sa mission de formation qui suppose une orientation vers un mieux, le monde de l’éducation est spécialement habité par l’éthique. Les acteurs du système éducatif ne peuvent éviter d’être confrontés à des enjeux éthiques dans leur pratique. À cet égard, notons qu’au plan de la formation des enseignants au Québec, la présence d’une compétence éthique parmi les 12 compétences professionnelles à développer indique que le MELS (2001) considère qu’il s’agit d’un axe central de la profession. Cet axe se manifeste également en administration scolaire où l’éthique représente l’une des 6 capacités transversales chapeautant l’énoncé des 10 compétences professionnelles (MELS, 2008). Pensons aussi à l’ensemble du personnel de l’école qui, au Québec, a désormais l’obligation d’agir en matière d’intimidation. En Europe, notons que les enjeux éthiques de la diversité socioculturelle dans la formation des enseignants font l’objet d’une attention particulière (C. Europe 2009).
Dans la mesure où ceci témoigne d’une certaine convergence dans la reconnaissance de l’importance de la formation éthique des acteurs du milieu, il nous apparaît essentiel de chercher à mieux discerner la place qu’occupe concrètement l’éthique dans la formation initiale ou continue de ceux-ci, de même que de dégager les fondements sur lesquels repose cette formation. Différents questionnements guideront ainsi les interventions à l'occasion de ce 5e colloque du GREE : quels fondements sont à privilégier pour orienter la formation de ces acteurs? Des apprentissages axés sur le développement du raisonnement? Sur l’appropriation de valeurs prédéterminées? Comment se traduit la formation éthique des acteurs au-delà de la simple formulation de compétences ou de principes d’orientation leur étant adressés? Quelle place est ou devrait être faite à l’éthique dans la formation au-delà de la visée d’acquisition d’une compétence professionnelle particulière?
Thème du colloque :