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Laurent Baridon : Université Lumière-Lyon-II
La satire et la parodie des œuvres d'art prolifèrent à partir du début du XIXe siècle. De toute évidence, ce phénomène participe de l'essor des formes de diffusion de la satire visuelle. Mais l'art est-il un sujet comme un autre ou présente-t-il une spécificité ? S'agit-il d'une forme de facilité qui amènerait les créateurs de ces images à recycler des compositions plus ou moins célèbres en s'épargnant la peine et la difficulté d'en inventer de nouvelles ? Ou ces détournements révèlent-ils des choix qui nous renseignent sur la culture de ceux qui les conçoivent et, par conséquent, sur celle de leur public ? Ces productions participent de l'histoire de l'art : nombre d'artistes ont été dessinateurs satiriques, particulièrement intéressés par les œuvres d'art et leur passage par la satire ou la caricature a souvent été un moment fondateur. Surtout, ces parodies démultiplient les images pour en renforcer l'impact. Elles instaurent une distance critique vis-à-vis de l'œuvre d'art, les artistes étant contraints de refonder les fonctions de représentation et le régime de visualité de leurs productions. Ces questions seront abordées par la présentation et l'analyse de quelques exemples empruntés à la peinture, à la sculpture et à l'architecture (avant 1850). L'étude comparée des différentes formes de satire de ces techniques, dont les deux dernières sont considérées comme traversant une crise profonde, permettra de préciser les enjeux de réception et de visualité.
Ce colloque veut réunir les chercheurs établis et émergents qui s’intéressent aux démarches satiriques dans les arts visuels. Deux types de question sont à l’agenda : quels impacts peut-on tracer sur la représentation visuelle à partir de ces démarches; quelles inquiétudes et polémiques (sociales, politiques, culturelles, identitaires...) permettent-elles de circuler? Ensuite, comment l’étude de la satire visuelle transforme-t-elle l’histoire de l’art en tant que discipline? Depuis la fin du 18e siècle notamment, les formes satiriques de l’image, souvent virtuoses par ailleurs, ont regagné les sphères de l’imprimé de masse, pour éventuellement regagner ceux du musée et de l’archive, participant souvent par ailleurs (et parfois contre gré) aux narrations que forment les États au sujet de leurs trajectoires historiques. Depuis les années 1950, il semblerait qu’on assiste à l’intensification progressive du recours aux modes satiriques dans l’art contemporain, et ce, de manière directe à travers les infrastructures associatives et institutionnelles de l’art qui s’occupent des formes « anciennes » et « nouvelles » des arts visuels. La circulation de l’image satirique s’avère être un comportement qui travaille les structures géopolitiques de la culture occidentale et le statut chancelant de l’œuvre d’art, s’arrogeant les discours sur l’identité individuelle et collective, pour constituer une discursivité parallèle qui miroite et infiltre les lieux, les ambitions et les désirs des beaux-arts, souvent pour les rattacher à d’autres régimes, politique et économique notamment, à l’aide de stratégies humoristiques, « ridiculisantes » et renversantes.
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