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L'absurde et la satire comme stratégie artistique: l'art dans le bloc de l'Est

KC

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Katarzyna Cytlak : Universidad Nacional de General San Martín

Résumé de la communication

Durant presque un demi-siècle de dominance soviétique dans les pays de l'Europe centrale et orientale, la satire et l'humour absurde constituèrent l'une des stratégies artistiques très importantes et très répandues chez des artistes locaux : tant chez les acteurs et les écrivains que chez les artistes plasticiens. La satire a été pour ces artistes vivant après la Deuxième Guerre mondiale sous le régime communiste, une arme très efficace contre le pouvoir étatique et la censure.

Plusieurs artistes de l'époque détournèrent dans leurs œuvres des symboles de la domination et du discours de propagande idéologique du régime. Ce jeu avec la censure donna lieu à des actions artistiques parfois beaucoup plus intéressantes au niveau de la créativité artistique que celles résultant d'une résistance ouverte contre le pouvoir. Cette stratégie fut assez efficace pour véhiculer une expressionartistique, s'adressant à un public vivant dans un pays dominé par un discours idéologique omniprésent et habitué à chercher dans tout message un second degré de lecture. La satire devenait donc un mécanisme d'autodéfense dans une société contrôlée où la liberté d'agir et d'énoncer ses idées (dans les lieux publics) étaient considérablement limitée.

Mon exposé tendra à analyser les stratégies des artistes dont des œuvres à caractère satirique acquièrent une dimension politique en rendant possible une critique radicale de la situation sociale notamment dans des pays de l'ancien bloc de l'Est.

Résumé du colloque

Ce colloque veut réunir les chercheurs établis et émergents qui s’intéressent aux démarches satiriques dans les arts visuels. Deux types de question sont à l’agenda : quels impacts peut-on tracer sur la représentation visuelle à partir de ces démarches; quelles inquiétudes et polémiques (sociales, politiques, culturelles, identitaires...) permettent-elles de circuler? Ensuite, comment l’étude de la satire visuelle transforme-t-elle l’histoire de l’art en tant que discipline? Depuis la fin du 18e siècle notamment, les formes satiriques de l’image, souvent virtuoses par ailleurs, ont regagné les sphères de l’imprimé de masse, pour éventuellement regagner ceux du musée et de l’archive, participant souvent par ailleurs (et parfois contre gré) aux narrations que forment les États au sujet de leurs trajectoires historiques. Depuis les années 1950, il semblerait qu’on assiste à l’intensification progressive du recours aux modes satiriques dans l’art contemporain, et ce, de manière directe à travers les infrastructures associatives et institutionnelles de l’art qui s’occupent des formes « anciennes » et « nouvelles » des arts visuels. La circulation de l’image satirique s’avère être un comportement qui travaille les structures géopolitiques de la culture occidentale et le statut chancelant de l’œuvre d’art, s’arrogeant les discours sur l’identité individuelle et collective, pour constituer une discursivité parallèle qui miroite et infiltre les lieux, les ambitions et les désirs des beaux-arts, souvent pour les rattacher à d’autres régimes, politique et économique notamment, à l’aide de stratégies humoristiques, « ridiculisantes » et renversantes.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 8 mai 2013

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