Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Frédéric Saussez : Université de Sherbrooke
Le langage est omniprésent dans les dispositifs d'analyse de l'activité développés dans le champ de la recherche sur l'enseignement et sur la formation à l'enseignement. Il constitue un des matériaux privilégiés pour expliquer et comprendre les processus de production de sens autour de l'activité matérielle concrète. Toutefois, l'analyse des énoncés produits dans ces dispositifs pose de redoutables défis théoriques et méthodologiques. Comment conceptualiser, par exemple les rapports entre les représentations personnelles de l'expérience, la mise en mots, l'horizon social proche et éloigné dans le processus de productions de sens ?
Cette communication propose un modèle d'analyse du processus de production de sens fondé sur la théorie culturelle historique de Vygotski et différentes intuitions développées par Voloshinov, Medvedev et Bakhtine concernant la dynamique dialogique de tout échange verbal, fut-il tourné vers soi-même. Cette modélisation met en évidence deux modes spécifiques d'opération de la pensée verbale et réflexive. Sur cette base, nous discuterons de moyens à mettre en œuvre pour étudier le processus de production de sens à partir de l'analyse de la matérialité sémiotique de l'énoncé et nous tenterons d'illustrer une telle démarche d'analyse à l'aide de différents matériaux recueillis dans le cadre de dispositifs d'analyse de l'activité.
De nombreux dispositifs de formation professionnelle utilisent des entretiens de formation mettant en présence des professionnels et des étudiants, mais aussi des formateurs universitaires et des professionnels. Au cours de ces entretiens en dyade ou en triade, des perspectives différentes sont souvent mises en avant, et un savoir est co-construit. Ces phénomènes, bien que connus, sont encore relativement mal compris. L’un des angles d’analyse possible consiste à considérer ces phénomènes comme des rencontres entre différentes cultures. À travers les discours de chacun et les références mobilisées, ainsi que dans le raisonnement d’explicitation, peut en effet se découvrir la culture professionnelle de chacun des formateurs et, ce qu’on pourrait qualifier de « culture en formation » de l’étudiant. Ce colloque entend analyser les entretiens de formation en tant que chocs des cultures où se révèlent différentes strates culturelles de chacun des intervenants. Se posent alors deux questions fondamentales : Les savoirs échangés au cours de ces entretiens appartiennent-ils à des épistémies plus ou moins compatibles, lesquelles seraient tout de même admises comme pertinentes, ne serait-ce que tacitement, par les formateurs? Ou encore, s’agit-il de savoirs co-construits ressortant in fine d’une culture émergente à laquelle adhérera l’étudiant? À travers l’analyse d’expériences de formation et l’analyse de données de recherche, les participants à ce colloque tenteront de répondre à ces difficiles questions.
Thème du colloque :