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Raphaël Mathieu Legault Laberge
Afin de cerner le concept de conversion, il s'avère nécessaire de le circonscrire à un espace social. En ce sens, je propose d'utiliser les groupes anabaptistes en tant que laboratoire social pour l'analyse de trajectoires de conversion. Ainsi, d'une part, certains individus se sont convertis aux religions anabaptistes. L'exemple le plus frappant de ces conversions concerne l'implantation d'une branche de la religion huttérienne au Japon. D'autre part, certains individus nés dans un groupe anabaptiste ont quitté leur groupe d'origine pour se convertir à un autre groupe religieux, groupe qui adopte une religion qui rejoint davantage leurs aspirations, voire de leur spiritualité. Pour les anabaptistes, le baptême se trouve au cœur de ces processus de conversion. En fait, pour eux, le baptême constitue le cœur de la conversion et de la « reconnaissance de l'appartenance des convertis au sein du nouveau groupe adopté ». Pour les individus qui joignent ou qui quittent les groupes anabaptistes, qu'est-ce qui détermine l'acceptation ou le refus de la conversion et du baptême? L'hypothèse que je tenterai de démontrer affirme que la conversion procède par affinité religieuse. Afin d'étayer cette hypothèse, je présenterai, premièrement, deux modèles de conversion. Deuxièmement, je m'attarderai à la signification du baptême dans les religions anabaptistes. Troisièmement, je m'efforcerai de lier les modèles de conversion présentés au choix du baptême dans les groupes anabaptistes.
Le colloque proposé porte sur la thématique de la conversion. Nous cherchons à comprendre la portée sociale ainsi que les implications identitaires du geste de conversion en dépassant la lecture simplement religieuse du phénomène. Comment construire cohérence et continuité identitaire après avoir changé de religion? Comment la conversion modifie-t-elle les relations de l’individu avec son milieu d’origine et avec son milieu d’adoption? Quelle reconnaissance sociale peut-il obtenir et à quelles conditions? Quelle est l’influence des convertis sur la définition identitaire que le groupe religieux se donne de lui-même? Quel peut être son rôle de médiateur sur la place publique?
Nous proposons d’examiner les comportements identitaires des individus qui changent de religion dans les sphères familiales, amicales, professionnelles et publiques à travers l’adoption et la manifestation de marqueurs visibles (vestimentaires, alimentaires, etc.) ou de nouveaux discours identitaires. Quels sont les accommodements que les convertis et leur entourage consentent pour le vivre ensemble et quelles rhétoriques justifient ces gestes? Nous discuterons également des modes de négociation de la reconnaissance de l’identité adoptée. Unions mixtes, projets de transmission identitaire aux enfants, modèles familiaux et structure de genre constituent en effet autant de stratégies qui permettent aux convertis de construire mais aussi de légitimer leur nouvelle identité. Au cœur des rapports entretenus avec les coreligionnaires se situe l’enjeu de l’authenticité de la religion pratiquée dans un contexte où, malgré leur prétention d’universalisme, la plupart des religions adoptées sont marquées par l’ethnicité de leur groupe historique de croyants qui en revendiquent le monopole discursif. À ce titre, le converti pourrait également constituer une figure de médiation publique entre divers groupes; doté de cette identité de l’entre-deux, quelle est alors son autorité symbolique et sociale réelle?
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