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Le Congrès juif canadien et la promotion de l'éducation interculturelle (1947-1975)

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Pierre Anctil : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Au début des années quarante, un Bureau of Intercultural Education a été fondé privément à New York, dans le but de soutenir la démarche des enseignants et des administrateurs scolaires confrontés à la diversité culturelle. On retrouve nettement les traces de ces préoccupations dans les archives montréalaises du Congrès juif canadien (CJC), qui en fait à partir de 1947 la promotion dans un cadre canadien. Cette forme d'interculturalisme traverse la frontière au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, alors que l'Europe se relève des conséquences d'un conflit dévastateur. Le Canada, qui n'est pas à l'abri des tensions intercommunautaires et des conflits linguistiques, semble au CJC un terrain fertile pour «l'éducation interculturelle». Né dans un contexte de lutte contre la discrimination raciale et rendu encore plus essentiel par l'Holocauste, l'interculturalisme apparaît aussi aux Juifs de Montréal comme un outil important en vue d'améliorer leurs rapports institutionnels avec le Canada français. À deux reprises, en 1958 et en 1962, le CJC propose le principe de «l'éducation interculturelle» (et non pas multiculturelle) au sein de deux grands forums pancanadiens destinés à former de nouveaux éducateurs. Les Juifs en effet ne peuvent se satisfaire, même au Canada, d'une ouverture générale au pluralisme sous une forme laïque, car ils forment une minorité religieuse contre laquelle s'exercent des préjugés bien précis.

Résumé du colloque

Depuis quelques années, le mot « interculturalisme » connaît un regain d’intérêt au Québec. S’agit-il d’une nouvelle idéologie politique québécoise ou bien d’un réaménagement terminologique de certaine idéologie opposant sans doute indûment le Québec au reste du Canada et, dans une autre mesure, les immigrants aux Québécois « de souche » ?

Il nous importe de noter tout de suite que, comme toute société issue de l’immigration, le Québec a toujours composé avec les dynamiques interculturelles. D’où l’inquiétude épistémologique que suscite le recyclage du mot et, partant, la réalité de l’interculturel, dans le sens du nouveau mythe fondateur du Québec.

En effet, dans un texte récent au sujet de l’interculturalisme, l’historien et sociologue Gérard Bouchard donne l’impression que l’interculturalisme, malgré quelques flous autour de sa définition, serait l’objet d’un certain consensus, et pas seulement dans le milieu académique (2010 : 2). Mais de quel interculturalisme parle-t-on exactement ? Cette question se pose au sujet de la série d’activités qui visaient à définir la notion d'interculturalisme, visiblement dans l’optique d’articuler un modèle québécois de gestion de la diversité culturelle (voir http://www.symposium-interculturalisme.com/1/accueil/fr), suite au rapport final de la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles (La commission Bouchard-Taylor).

Le risque d’instrumentalisation du terme est ici patent. À ce seul titre, nous nous croyons fondés de proposer une lecture alternative de la « généalogie » du terme et de ses assertions dans le contexte québécois contemporain. Dans le cadre de ce colloque nous proposons une réflexion sur l’interculturalisme qui serait capable d'intégrer non seulement des données théoriques mais aussi des éléments sociohistoriques afin d’interroger la réalité interculturelle du Québec d’aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
Discutant-e- de la session : Patrice BRODEUR
section icon Date : 8 mai 2013

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