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Tohouindji Christian Hessou : Université Laval
En droit international, la prévention du génocide est une obligation. Enchâssée dans la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du génocide, cette obligation s'est concrètement développée dans la jurisprudence de la Cour Internationale de Justice. Pour évaluer le respect de ce devoir par un État et pour en tirer les conséquences sur le plan de sa responsabilité, la CIJ tient compte de la panoplie des influences que l'État aurait pu ou aurait dû exercer sur les acteurs du génocide afin de le prévenir. Dans le respect de ce critère, la prégnance des influences politique, économique et culturelle exercées sur les États africains par leurs anciens mentors coloniaux emporte des conséquences juridiques. La responsabilité des anciennes puissances coloniales pourrait se voir valablement engagée si elles n'agissent pas sur ce levier controversé des influences coloniales existantes.
Dans le contexte africain, ces tentatives d'influence riment souvent avec le retour du maître colon sur ses anciennes possessions territoriales. Un titre légal tel que l'autorisation du Conseil de Sécurité devient donc crucial pour certains types d'actions déployées au nom de l'influence et qui atteindraient la souveraineté des États africains. Mais ce titre légal ne sera pas toujours nécessaire pour déployer une influence préventive. La souplesse de ce critère d'influence pourrait ouvrir de nouveaux horizons pour la prévention des génocides et des conflits qui l'engendrent en Afrique.
L’examen de plusieurs États en Afrique amène à faire le constat de sociétés éclatées, sinon à « haute tension », dans lesquelles la cohésion demeure encore un souci majeur. Plusieurs États apparaissent comme des agrégats d’entités visiblement contraintes à vivre ensemble, et qui ne ménagent guère leurs efforts pour afficher leurs particularités. Aussi l’espace politique, lorsqu’il existe, se transforme-t-il en un terrain sur lequel ces différentes entités se concurrencent, parfois bruyamment, mettant en péril l’unité nationale. Particulièrement depuis le début des années 1990, avec la fin du patronage de Guerre Froide, le continent africain a vu éclater un nombre important de conflits civils qui se caractérisent par leur dimension régionale, par la multiplicité des protagonistes, belligérants ou non, par la diversité des motivations, économiques ou politiques, qui les sous-tendent, et par la brutalité des stratégies utilisées. Cette multiplicité des conflits en Afrique a suscité un fort intérêt dans la recherche académique où les hypothèses aussi nombreuses que contradictoires s’évertuent à rendre compte des dynamiques conflictuelles et de leur éventuelle spécificité africaine.
Ce colloque envisage moins de proposer de nouvelles hypothèses explicatives qu’une évaluation critique ainsi qu’un essai de typologie des nombreuses hypothèses concurrentes. Outre une contribution à la recherche académique sur les lumières et les ombres des analyses des conflits en Afrique, ce colloque entend également contribuer à une meilleure épistémologie ainsi qu’à une meilleure méthodologie de l’étude des conflits tout en prenant en compte les dynamiques des sociétés africaines ainsi que les enjeux géopolitiques et stratégiques de ces conflits.
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