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Nathalie Gravel : Université Laval
Les effets de la violence organisée au nord du Mexique sont à la fois de suspendre les droits et libertés et de marginaliser les citoyens dans leurs propres espaces de vie. La ville de Monterrey sera prise en exemple pour illustrer ces effets de la violence, les perceptions qu'ont les citadins de leur qualité de vie et l'émergence de réseaux d'organisations de la société civile œuvrant à la pacification et à l'éducation pour la paix. À l'aide d'une enquête réalisée auprès d'un réseau d'ONG travaillant à la construction de la paix à Monterrey, nous étudierons comment la société civile organisée peut contribuer à renverser le processus de marginalisation citoyenne et à faire en sorte de repenser les bases de la culture civique et la place de la participation citoyenne dans les décisions juridico-administratives à l'échelle géographique de l'État. Afin de comprendre les mécanismes de construction de la paix sur le territoire choisi, la théorie de l'acteur-réseau met en évidence le rôle du système de réseautage de la société civile, l'accès à une information juste et la production collective de savoirs en tant qu'outils clés pour la pacification des milieux de vie urbains. L'éducation à la paix et le travail collectif sur la culture civique s'avèrent de surcroît être des temps essentiels dans cette négociation de l'accès aux droits civiques.
Le processus de marginalisation de certains groupes étant souvent d’origine structurel, il engendre une dynamique sociale inéquitable reproduite par des structures de pouvoir institutionnalisées qui perdurent dans le temps. Afin de rompre avec le statu quo et de rééquilibrer les forces entre les groupes laissés pour compte et le reste de la société, des réformes sociales et juridiques ont eu lieu dans de nombreuses sociétés du nord comme du sud des Amériques, incluant la mise sur pied de programmes de lutte contre la pauvreté, d’assistance sociale, de réinsertion sur le marché de l’emploi et, plus récemment, d’économie sociale et d'une réforme pénale. Alors que des progrès indéniables ont été enregistrés, il reste que certains groupes vulnérables échappent toujours à la protection de l’État et se retrouvent marginalisés, sans possibilité de pleinement participer à la vie citoyenne de leur nation, c’est-à-dire sans la possibilité d’exercer les droits ni les responsabilités qui leur reviennent comme citoyens selon les principes d’égalité, de solidarité et de justice sociale. Les objectifs de ce colloque sont les suivants : 1) Regrouper des chercheurs et intervenants de la vie associative travaillant à l’identification de formules visant le renversement de structures favorisant et maintenant la marginalisation sociale et géographique de certains groupes de population et de localités, tant en milieu rural qu’urbain, dans les Amériques; 2) Examiner le rôle de la mobilisation des ressources et du leadership comme conditions essentielles à l’élaboration de projets issus de l’économie sociale; 3) À l’aide de la mise en commun d’expériences positives et d’échecs, tenter d’élaborer sur les éléments et les facteurs d’un modèle systémique favorisant l’inclusion des populations marginalisées dans les structures juridico-administratives ayant une influence sur le développement local et leur bien-être; 4) Rendre compte de l’importance de la production collective de savoirs à propos des localités et des groupes de population marginalisés, combinant savoirs scientifique et local/traditionnel, en tant qu’outil de redynamisation des localités.
Thème du colloque :