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Le recours aux méthodes quantitatives et des recensements pour mesurer le phénomène
 des conversions à l'islam et au bouddhisme

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Frédéric Castel : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

D'ordinaire les études consacrées au phénomène de la conversion s'appuient sur des témoignages individuels de sorte que les méthodologies qualitatives vont de soi. Les échantillons étant très restreints, il est difficile de recourir aux méthodes quantitatives. En même temps, les sources de données possibles (listes tenues par des centres cultuels, sondages, etc.) pour tenter de mesurer le nombre de convertis sont très problématiques de sorte que les estimés restent largement spéculatifs. Cependant, dans les pays, tels le Canada, où les recensements nationaux colligent des données sur les appartenances confessionnelles et ethniques, il est possible de mesurer avec plus de précision le nombre des conversions et même d'esquisser quelques tendances. Comme aucune question de recensement ne porte sur les conversions, il est toutefois possible d'obtenir des résultats intéressants en construisant des « données dérivées ». Nous nous pencherons sur les cas musulman et bouddhiste à l'échelle du Québec.

Résumé du colloque

Le colloque proposé porte sur la thématique de la conversion. Nous cherchons à comprendre la portée sociale ainsi que les implications identitaires du geste de conversion en dépassant la lecture simplement religieuse du phénomène. Comment construire cohérence et continuité identitaire après avoir changé de religion? Comment la conversion modifie-t-elle les relations de l’individu avec son milieu d’origine et avec son milieu d’adoption? Quelle reconnaissance sociale peut-il obtenir et à quelles conditions? Quelle est l’influence des convertis sur la définition identitaire que le groupe religieux se donne de lui-même? Quel peut être son rôle de médiateur sur la place publique?

Nous proposons d’examiner les comportements identitaires des individus qui changent de religion dans les sphères familiales, amicales, professionnelles et publiques à travers l’adoption et la manifestation de marqueurs visibles (vestimentaires, alimentaires, etc.) ou de nouveaux discours identitaires. Quels sont les accommodements que les convertis et leur entourage consentent pour le vivre ensemble et quelles rhétoriques justifient ces gestes? Nous discuterons également des modes de négociation de la reconnaissance de l’identité adoptée. Unions mixtes, projets de transmission identitaire aux enfants, modèles familiaux et structure de genre constituent en effet autant de stratégies qui permettent aux convertis de construire mais aussi de légitimer leur nouvelle identité. Au cœur des rapports entretenus avec les coreligionnaires se situe l’enjeu de l’authenticité de la religion pratiquée dans un contexte où, malgré leur prétention d’universalisme, la plupart des religions adoptées sont marquées par l’ethnicité de leur groupe historique de croyants qui en revendiquent le monopole discursif. À ce titre, le converti pourrait également constituer une figure de médiation publique entre divers groupes; doté de cette identité de l’entre-deux, quelle est alors son autorité symbolique et sociale réelle?

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 8 mai 2013

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