pen icon Colloque
quote

Le reportage ethnographique en contexte de conflit armé : restitution d'une expérience de 40 jours au sein d'une cellule de l'armée libre syrienne

RH

Membre a labase

Romain Huët : UEB - Université européenne de Bretagne

Résumé de la communication

Entre juillet et août, puis décembre 2012, un projet de recherche sur les mouvements sociaux nous a embarqués au cœur de la résistance syrienne. Durant 40 jours, nous nous sommes plongés au sein d'une cellule de combattants de « l'armée libre » à Alep et sa région (Syrie). Le projet de cette enquête ethnographique était simple : il s'agissait de comprendre ce qui anime les combattants dans leur engagement dans une révolution armée. Plus encore, notre but était de pénétrer le mouvement de l'intérieur pour entrevoir leur quotidien, saisir leur vision du conflit armé, et pour prendre acte de quelques opérations qu'ils mettent en place une fois qu'ils parviennent à libérer un territoire, que ce soit un quartier ou une ville. Notre communication vise à discuter de la pertinence et des limites d'un tel projet ethnographique dans une situation insécurisée et peu habituelle dans le monde académique. Nous insisterons tant sur les potentialités d'analyses ouvertes par cette investigation pour saisir les mouvements sociaux (1), que sur la difficile mise en œuvre des principes méthodologiques ouverts par les enquêteurs de terrain (Cefaï, 2010) (2), et qu'enfin, plus généralement, sur la contribution de l'ethnographie organisationnelle à l'édification d'une pensée critique (3) (Boltanski, 2009; Dodier, 2005).

Résumé du colloque

Ce colloque sera l’occasion de discuter des pratiques émergentes de l’ethnographie organisationnelle et de souligner sa contribution à la compréhension des organisations. Les travaux de recherche relevant de l’ethnographie organisationnelle ont contribué à explorer, au quotidien, les pratiques des acteurs, et plus précisément de « voir les organisations de l’intérieur » (Laude, 2012) que ce soit des entreprises privées, des hôpitaux, des organisations gouvernementales ou non (Orr, 1996; Grosjean et Lacoste, 1999). Or, les organisations contemporaines se complexifient et évoluent dans un environnement mouvant et incertain. Elles sont devenues plus complexes, fragmentées, dispersées (Borzeix et Cochoy, 2008). Pour tenter de saisir et comprendre toute cette complexité, les chercheurs adoptent une conception dynamique de l’organisation (Langley et Tsoukas, 2010), celle-ci apparaissant alors comme le produit d’un travail continu d’« organizing » (Czarniawska, 2009). Le but est alors de mieux comprendre comment une organisation se constitue, évolue, se transforme, innove, apprend, négocie ses tensions internes et parfois s’effondre, en se positionnant au cœur de l’action, au cœur de l’organisation. Les chercheurs font l’hypothèse que la compréhension des pratiques effectives des acteurs organisationnels, de la manière d’agir et d’être d’une organisation passe par un travail de type ethnographique. On constate que les méthodes mises en œuvre dans des travaux récents se diversifient et évoluent afin de rendre compte du travail d’organisation (« organizing ») qui s’accomplit au quotidien, et de saisir toute la complexité des organisations (Ybema et al., 2009; Yanow, 2009; Watson, 2011). On voit émerger de nouvelles formes d’ethnographie organisationnelle telles que : le shadowing, l’ethnographie multimodale, la photoethnographie, l’autoethnographie, etc.; autant de pratiques émergentes que nous souhaitons discuter dans le cadre de ce colloque.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 8 mai 2013

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :