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Le sujet ému : ouverture à une éthique de la vie affective

JH

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Jean Humpich : UFP - Université Fernando Pessoa

Résumé de la communication

En amont de la volonté du prendre-soin de la personne (Honoré, 2008) dans les systèmes humains complexes dans lesquels elle évolue, quelle est la pertinence d'une prise en compte du pouvoir-être des sujets eux-mêmes ? Quels outils avons-nous à notre disposition pour favoriser un engagement empathique envers autrui ? Certains des métiers de l'accompagnement mettent l'accent sur la formation à la sensibilité de l'intervenant lui-même. Pourrions-nous interroger certaines natures de sensibilité qui puissent favoriser une stabilité attentionnelle aux particularités de l'être humain ? Un défi est à relever car pour Michel Henri, la sensibilité ne se donne qu'à travers le jeu sans fin de ses apparitions subjectives, constamment changeantes et renouvelées.

Résumé du colloque

L’évolution des sociétés vers la démocratie et la reconnaissance des droits humains fondamentaux, particulièrement au cours des soixante dernières années, auront contribué à une certaine évolution dans les attitudes et le regard sur les personnes en situation de vulnérabilité.

La reconnaissance de droits pour les personnes vulnérables est en principe une reconnaissance de la personne-sujet, une reconnaissance de la personne à part entière, dans sa dignité et dans sa pleine « humanitude ». Mais, dans les faits, la reconnaissance de droits n’implique pas nécessairement un engagement empathique envers autrui et n’induit pas automatiquement un élan de compassion et de sollicitude pour l’être humain derrière la maladie ou le handicap. Ce manque de sensibilité envers autrui se traduit souvent dans une certaine froideur, se transformant en une rigidité et un manque d’attention envers les particularités de cet être. Le manque de reconnaissance de l’humain par l’humain laisse place au développement d’une structure hiérarchique de pouvoir, mais peu d’espace pour la parole de la personne vulnérable.

Peut-on concevoir une éthique qui laisse plus de place au domaine de la sensibilité, pouvant se transformer en attitude et en bienfaisance dans une complémentarité avec les éthiques davantage axées sur les droits et sur les normes ? Pouvons-nous adopter une posture ou une position éthique basée à la fois sur des valeurs comme la compassion et la sollicitude, en complémentarité avec des valeurs comme l’égalité et la justice sociale ? C’est ainsi que les personnes en situation de vulnérabilité pourront développer une certaine autonomie à partir de leur propre potentiel et de ce qui est vivant en chacune d’elle. C’est peut-être à ce moment que le dialogue prendra place et que la parole des personnes vulnérables sera enfin entendue.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 8 mai 2013

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