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Les communautés Flickr et l'art public : nouveaux regards?

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Suzanne Paquet

Résumé de la communication

Dans les groupes Fickr, la photographie rassemble de nombreux individus autour d'images d'un même motif. Il y a donc là dualité d'une posture d'amateur : on partage, d'une part, ses affections et ses réflexions sur l'objet photographié et, d'autre part, des savoirs sur la technique photographique et des commentaires sur la réussite des prises de vue. De cette dualité procède la formation de communautés de goût qui sont agissantes, la photographie devenant tout à la fois témoignage d'un double attachement et exercice même de cet attachement. La « pragmatique de l'amateur » décrite par A. Hennion ne saurait trouver meilleure illustration, comme si le goût se pratiquait littéralement. Hennion parle d'un goût en acte qui agirait comme « modalité d'attachement au monde », de co-construction « du collectif qui aime et du répertoire des objets aimés ». La photographie est ainsi l'instrument médiateur d'une passion qui s'expose et qui peut avoir un effet prescripteur. Afin d'examiner ce goût en acte, je propose de suivre quelques groupes Flickr créés autour de l'art public. Ce choix semble approprié car, avant l'arrivée du web 2.0, ce type d'art était sujet à discussions dans la sphère publique, des débats maintenant susceptibles de se poursuivre à une autre échelle. De très nombreuses communautés se rassemblent autour de l'art public de certaines villes ou régions et plusieurs d'entre eux ont des vocations spécifiques, comme les groupes « Bad Public Art » ou « Ugly Public Art ».

Résumé du colloque

Ce colloque s’intéresse aux multiples manières par lesquelles les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) modifient l’accès à la culture. Plus particulièrement, il cherche à identifier l’évolution des relations entre formation du goût et dispositifs de prescription ou de recommandation, compte tenu de l’émergence de nouveaux réseaux sociaux dans leurs dimensions tout autant interactives que technologiques. La recherche sociologique a pris acte depuis plus d’une quarantaine d’années de la démultiplication des rapports à la culture et la montée de l’éclectisme en matière de passion et d’intérêt culturel. Le numérique est venu à la fois renforcer et problématiser ces phénomènes. La multiplication des contenus oblige en effet à des processus poussés d’éditorialisation, ce qui tend à accentuer plutôt qu’à éliminer les logiques et dispositifs de prescription (recommandation, découverte, évaluation et classement). Filtres et relais culturels se reconfigurent, posant de la sorte à nouveaux frais la question des rapports de force et des inégalités au sein du champ culturel. Qu’advient-il du jugement et de la critique au sein d’une culture marquée par la montée des « prosommateurs » et où se brouillent les frontières conventionnelles entre professionnels et amateurs? Qu’en est-il du rôle de prescription des groupes de pairs au sein des nouvelles communautés virtuelles? Qui sont et que font ces nouveaux tastemakers et gatekeepers de l’ère numérique : agrégateurs et sites de recommandation de toutes sortes? Comment favorisent-ils un accès différencié à l’information et aux contenus culturels? Les modes opératoires des nouveaux prescripteurs étant conditionnés par l’architecture des sites Internet (interface et algorithmes), dans quelle mesure ces nouvelles « lois » de programmation agissent-elles comme filtres?

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
manager icon Responsables :
jonathan roberge
section icon Date : 8 mai 2013

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