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Liliane Portelance : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
En contexte de stage, l'enseignant associé et le superviseur universitaire sont appelés à partager leurs savoirs au fil des rencontres de formation. Or, les échanges et les discussions ne s'avèrent pas toujours féconds. Cette lacune serait due en partie à des logiques professionnelles différentes quoique complémentaires (Sanford et Hopper, 2000). Le manque de communication substantielle entre le formateur de terrain et le formateur universitaire est, semble-t-il, le facteur le plus nuisible au processus de formation du stagiaire (Kauffman, 1992). Notre contribution repose sur les résultats d'une recherche qui analyse la circulation des savoirs et, particulièrement, la nature des savoirs partagés de même que la dynamique de l'expression de ces savoirs. Les données ont été recueillies à partir d'entrevues individuelles et par l'enregistrement sonore de conversations entre enseignant associés et superviseur (dans le cadre du stage d'internat de la formation en enseignement secondaire). L'analyse des données qualitatives a permis d'identifier et d'organiser les savoirs, partagés ou coconstruits en nous inspirant des catégories de Pelpel (2002). Elle met aussi en évidence que, si les formateurs du terrain et les superviseurs universitaires ne vivent pas dans deux mondes totalement étrangers, leur culture respective est fort différente et que, partant, le dialogue n'est pas toujours facile.
De nombreux dispositifs de formation professionnelle utilisent des entretiens de formation mettant en présence des professionnels et des étudiants, mais aussi des formateurs universitaires et des professionnels. Au cours de ces entretiens en dyade ou en triade, des perspectives différentes sont souvent mises en avant, et un savoir est co-construit. Ces phénomènes, bien que connus, sont encore relativement mal compris. L’un des angles d’analyse possible consiste à considérer ces phénomènes comme des rencontres entre différentes cultures. À travers les discours de chacun et les références mobilisées, ainsi que dans le raisonnement d’explicitation, peut en effet se découvrir la culture professionnelle de chacun des formateurs et, ce qu’on pourrait qualifier de « culture en formation » de l’étudiant. Ce colloque entend analyser les entretiens de formation en tant que chocs des cultures où se révèlent différentes strates culturelles de chacun des intervenants. Se posent alors deux questions fondamentales : Les savoirs échangés au cours de ces entretiens appartiennent-ils à des épistémies plus ou moins compatibles, lesquelles seraient tout de même admises comme pertinentes, ne serait-ce que tacitement, par les formateurs? Ou encore, s’agit-il de savoirs co-construits ressortant in fine d’une culture émergente à laquelle adhérera l’étudiant? À travers l’analyse d’expériences de formation et l’analyse de données de recherche, les participants à ce colloque tenteront de répondre à ces difficiles questions.
Thème du colloque :