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Kadouamai Souleymanou : Université de Ngaoundéré
Au cours des six dernières années, de nombreuses études ont analysé la question du passage des pays développés et des pays émergents, de leurs normes comptables nationales vers les normes IFRS. Cependant, peu d'études ont été publiées à propos de l'aptitude d'arrimage des pays en développement aux normes IFRS. L'objet de cet article est de faire un bilan des prédispositions des entreprises d'un pays en développement à passer du système OHADA aux normes IFRS, qui tendent à s'imposer aujourd'hui à travers le monde. Plus spécifiquement, après une revue de littérature, nous l'illustrons grâce à un entretien semi-directif dans quatre entreprises camerounaises, dont deux cotées sur un marché financier (DSX) et deux autres non cotées qui, toutes tiennent leur comptabilité selon l'OHADA. Nous montrons que les prédispositions de transition OHADA-IFRS peuvent s'intégrer dans deux facteurs : la flexibilité du système OHADA et le contexte du marché financier, agissant respectivement comme opportunité en aval et entrave en amont. D'une part, à travers la flexibilité de l'OHADA les entreprises des pays membres en général, et principalement les entreprises camerounaises tiennent leur comptabilité et fonctionnent sur des constitutions ethniques de type familial. D'autre part, au-delà des conditions d'entrée drastiques, le repli identitaire ethnique constitue la toile de fond du deuxième facteur. Ainsi, leur transition effective dépend du réajustement de l'OHADA ou de la décision de l'État.
Après 20 ans d’application, ce colloque vise à faire le point sur plusieurs champs d’intervention de l’OHADA, alors qu’elle est présentée sur le continent comme l’une des expériences d’intégration financière et juridique les plus réussies des dernières décennies. Le colloque proposera donc une comparaison des perspectives OHADA et internationales en ce qui concerne les marchés financiers, le système bancaire, la normalisation comptable, la qualité de la divulgation corporative, la gouvernance d’entreprise, la responsabilité sociale et environnementale et l’encadrement de l’investissement étranger.
L’OHADA, Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires est un traité ratifié originellement en 1993 à Port-Louis, révisé en 2008 à Québec et qui est adopté aujourd’hui par les pays d’Afrique subsaharienne francophone (17), avec pour but de favoriser les échanges et les investissements, de garantir la sécurité juridique et judiciaire des entreprises. La portée de l’OHADA s’étend du droit commercial à la normalisation comptable, financière et bancaire; en passant par la gouvernance d’entreprise et l’encadrement des investissements.