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André Côté : Université Laval
En se référant à Rosen (1991), Linda Rouleau stipule que « l'ethnographie organisationnelle consiste à passer une période de temps suffisante dans une organisation pour être en mesure de comprendre comment les gens construisent leur monde social par le biais des multiples rencontres qu'ils effectuent au quotidien » (1993 : 53). En m'intégrant dans le quotidien des activités cliniques au sein d'un centre hospitalier universitaire, il m'a été loisible de comprendre l'importance prépondérante de la confiance dans la dynamique de changement. La comparaison systématique de deux dynamiques de changement, l'une sous l'égide de la confiance, l'autre dominée par des comportements de méfiance, a mis en évidence l'incidence déterminante de la confiance sur les structures sociales, les stratégies employées pour véhiculer le changement et la prédisposition des acteurs sollicités à y souscrire. Sa présence, où son absence explique la particularité de la dynamique de changement qui prend forme dans chacun des systèmes structurels d'interaction et fournit un éclairage sur la résultante du processus de transformation. Bref, l'observation du quotidien m'a permis de comprendre les subtilités des routines d'action et d'interaction et, conséquemment, de faire ressortir les détails qui, la plupart du temps, restent difficilement perceptibles au premier coup d'œil. L'objectif de cette présentation est de vous faire part de ce merveilleux périple au pays des cliniciens qui a duré près de cinq ans.
Ce colloque sera l’occasion de discuter des pratiques émergentes de l’ethnographie organisationnelle et de souligner sa contribution à la compréhension des organisations. Les travaux de recherche relevant de l’ethnographie organisationnelle ont contribué à explorer, au quotidien, les pratiques des acteurs, et plus précisément de « voir les organisations de l’intérieur » (Laude, 2012) que ce soit des entreprises privées, des hôpitaux, des organisations gouvernementales ou non (Orr, 1996; Grosjean et Lacoste, 1999). Or, les organisations contemporaines se complexifient et évoluent dans un environnement mouvant et incertain. Elles sont devenues plus complexes, fragmentées, dispersées (Borzeix et Cochoy, 2008). Pour tenter de saisir et comprendre toute cette complexité, les chercheurs adoptent une conception dynamique de l’organisation (Langley et Tsoukas, 2010), celle-ci apparaissant alors comme le produit d’un travail continu d’« organizing » (Czarniawska, 2009). Le but est alors de mieux comprendre comment une organisation se constitue, évolue, se transforme, innove, apprend, négocie ses tensions internes et parfois s’effondre, en se positionnant au cœur de l’action, au cœur de l’organisation. Les chercheurs font l’hypothèse que la compréhension des pratiques effectives des acteurs organisationnels, de la manière d’agir et d’être d’une organisation passe par un travail de type ethnographique. On constate que les méthodes mises en œuvre dans des travaux récents se diversifient et évoluent afin de rendre compte du travail d’organisation (« organizing ») qui s’accomplit au quotidien, et de saisir toute la complexité des organisations (Ybema et al., 2009; Yanow, 2009; Watson, 2011). On voit émerger de nouvelles formes d’ethnographie organisationnelle telles que : le shadowing, l’ethnographie multimodale, la photoethnographie, l’autoethnographie, etc.; autant de pratiques émergentes que nous souhaitons discuter dans le cadre de ce colloque.
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