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Diana Dimitrova : Université de Montréal
L'objectif de cette présentation est d'analyser la pluralité des identités religieuses dans l'hindouisme. Jusqu'au 19 siècle, on ne peut parler de « conversion » en hindouisme car il était nécessaire d'être né hindou pour être hindou. Après les doctrines du penseur hindou Vivekananda qui a universalisé l'hindouisme, cette croyance est devenue ouverte aux non-hindous. Aujourd'hui, il est possible de devenir hindou par initiation par un gourou, mais ce processus n'est pas reconnu par toutes les branches de l'hindouisme. La mobilité religieuse en hindouisme n'est pas seulement entre l'hindouisme et d'autres religions comme le christianisme, l'islam, le bouddhisme ou le sikhisme, mais aussi entre les différentes branches hindoues. La spécificité de l'hindouisme et des autres religions d'Asie du Sud est que, en acceptant la nouvelle tradition, il n'est pas nécessaire d'abandonner l'ancienne tradition. C'est pourquoi nous pouvons observer une pluralité des identités religieuses. Les adhérents sont hindous et bouddhistes, ou hindous et sikhes, ou hindous et chrétiens, ou hindous et musulmans. Comment expliquer ce phénomène ? J'étudierai la tolérance hindoue envers les autres religions, l'acceptation d'adhésion aux autres traditions, et la pluralité des identités religieuses comme une conséquence de l'imaginaire hindou polythéiste, qui, contrairement aux préjugés du monde occidental, peut être regardé comme un modèle contemporain d'un vivre-ensemble religieuse pluraliste.
Le colloque proposé porte sur la thématique de la conversion. Nous cherchons à comprendre la portée sociale ainsi que les implications identitaires du geste de conversion en dépassant la lecture simplement religieuse du phénomène. Comment construire cohérence et continuité identitaire après avoir changé de religion? Comment la conversion modifie-t-elle les relations de l’individu avec son milieu d’origine et avec son milieu d’adoption? Quelle reconnaissance sociale peut-il obtenir et à quelles conditions? Quelle est l’influence des convertis sur la définition identitaire que le groupe religieux se donne de lui-même? Quel peut être son rôle de médiateur sur la place publique?
Nous proposons d’examiner les comportements identitaires des individus qui changent de religion dans les sphères familiales, amicales, professionnelles et publiques à travers l’adoption et la manifestation de marqueurs visibles (vestimentaires, alimentaires, etc.) ou de nouveaux discours identitaires. Quels sont les accommodements que les convertis et leur entourage consentent pour le vivre ensemble et quelles rhétoriques justifient ces gestes? Nous discuterons également des modes de négociation de la reconnaissance de l’identité adoptée. Unions mixtes, projets de transmission identitaire aux enfants, modèles familiaux et structure de genre constituent en effet autant de stratégies qui permettent aux convertis de construire mais aussi de légitimer leur nouvelle identité. Au cœur des rapports entretenus avec les coreligionnaires se situe l’enjeu de l’authenticité de la religion pratiquée dans un contexte où, malgré leur prétention d’universalisme, la plupart des religions adoptées sont marquées par l’ethnicité de leur groupe historique de croyants qui en revendiquent le monopole discursif. À ce titre, le converti pourrait également constituer une figure de médiation publique entre divers groupes; doté de cette identité de l’entre-deux, quelle est alors son autorité symbolique et sociale réelle?
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