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Samuel Tremblay : Université de Montréal
L'effervescence stylistique et discursive dans l'édition québécoise depuis 2000 amène à
s'interroger sur la provenance d'une telle variété esthétique. Parmi les sources de cette vitalité, l'avènement des blogues renvoie à un refleurissement du panorama littéraire québécois. La contagion de ces nouvelles plateformes numériques sur le milieu de l'édition s'édifie autour d'une porosité intermédiale qui influence la littérature de notre temps. La nature d'une telle porosité se manifeste par des points de contact esthétiques et thématiques issus de la dynamique de la blogosphère et autres plateformes numériques. Dans une perspective comparatiste, l'étude de ces points de contact, de l'influence du numérique sur des oeuvres éditées, constitue le creuset d'une reconfiguration du fait littéraire au Québec. Cette pénétrabilité permet de saisir les impacts sur ce que représente un ouvrage littéraire édité, à notre époque numérique. Une étude transversale des nouvelles voix au Québec comme celle de Sophie Bienvenu (La Mèche, 2011) et la publication du blogue de Catherine Mavrikakis (Héliotrope, 2010) permet de saisir les effets d'un renouvellement des balises de l'édition littéraire québécoise. « L'effet générationnel », relevé par Jean-François Chassay, renvoie à une volonté de repenser la littérature par rapport à la tradition, ce qui transcende sa forme et sa portée.
On assiste au Québec à une véritable effervescence du milieu de l’édition littéraire depuis le début des années 2000. La dernière décennie, de fait, a vu naître plusieurs maisons – Marchand de feuilles (2000), Les Allusifs (2001), Le Quartanier (2002), Rodrigol (2003), Alto (2005), Ta Mère (2005), Héliotrope (2006), la Peuplade (2006) et Coups de tête (2007), pour ne nommer que celles-là – dont les échos portent la trace d’un renouveau formel, stylistique et discursif. Si le développement de l’institution donne voix à nombre de nouveaux auteurs, Jean-François Chassay assure néanmoins qu’il ne s’agit pas « d’une école ou d’un mouvement littéraire propre à une génération. Au contraire, la variété des esthétiques et des perspectives fonde le dynamisme de ces écritures. » Ce constat d’une telle variété esthétique appelle autant à un examen des politiques éditoriales présentes dans le champ littéraire québécois actuel qu’à celui des pratiques narratives qui s’y profilent. Qu’ils embrassent des veines exploratoires ou classiques, qu’ils oscillent entre le ludisme, le réalisme et le tragique apocalyptique, qu’ils revisitent les codes génériques et les notions canoniques, une part des auteurs qui publient dans ces diverses maisons d’édition se montre rétive à toute tentative de classification. Ainsi, à défaut de parler de « mouvement littéraire », nous souhaitons faire ressortir les lignes de forces, les mouvances esthétiques et narratives, ainsi que les thématiques qui peuplent les pratiques encouragées par les jeunes maisons d’édition québécoises, dans le souci de dresser un portrait élargi des approches poétiques qui logent à l’enseigne de ces nouveaux espaces éditoriaux. Le colloque ouvrira la porte à des réflexions sur des motifs aussi divers que le jeu sur les genres, l’éclatement du récit, la porosité (narrative, générique, spatiale), les mouvances littéraires (néo-terroir, réalisme magique), les récurrences thématiques (catastrophisme, américanité), etc.