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Audrey Gonin : UQAM - Université du Québec à Montréal
Dans le champ de l'intervention sociale, les modes d'articulation entre pratique professionnelle, recherche et formation font actuellement l'objet de deux principales propositions : celles formulées par la perspective des « meilleures pratiques », d'une part, et par la perspectives des « pratiques réflexives » d'autre part. L'une et l'autre feront dans un premier temps l'objet d'une présentation synthétique, à partir de laquelle nous examinerons les limites qu'elles présentent toutes deux, en particulier quant au fait de rendre compte de la pluralité des définitions et des orientations pratiques qui peuvent être données à l'intervention sociale. Le second temps, basé sur des données empiriques, examinera comment des résultats de recherche peuvent ancrer, nourrir et orienter une formation professionnelle orientée vers le développement d'un métier (Clot, 2007). Ce propos sera basé sur des observations et analyses issues de recherches consacrées aux représentations professionnelles d'intervenant-e-s du champ social. Nous illustrerons, en particulier, comment une investigation et une analyse des conceptions et positionnements moraux de ces intervenant-e-s peut informer un enseignement sur l'éthique et la déontologie en travail social, avant d'en tirer des conclusions plus générales pour la mise en œuvre de séquence de formations prenant en compte la pluralité des définitions d'un métier.
Le contexte dans lequel s’insèrent les nouveaux diplômés en travail social s’est complexifié au cours de la dernière décennie. La restructuration du réseau public a eu des répercussions sur les pratiques d’intervention sociale, la « Nouvelle gestion publique » axée sur la performance et la rentabilité étant souvent en tension avec les finalités du travail social. Ce type de gestion est d'ailleurs utilisé dans l’ensemble des pays occidentaux. À cela s’ajoute, les changements liés à la refonte du système professionnel québécois et à l’adoption par l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec d’un référentiel de compétences révisé. Comment dans une telle conjoncture peut-on former des travailleurs sociaux qui demeurent critiques, créatifs et porteurs des finalités du travail social? Actuellement, les programmes de formation universitaires répondent à la fois à des impératifs de formation théorique et pratique. Ils doivent faire en sorte que les futurs diplômés acquièrent un premier niveau de compétences susceptible de leur permettre de relever les défis liés aux enjeux socioéconomique, politique, institutionnel, législatif, éducatif et éthique auxquels ils seront confrontés. Pour y parvenir, il est nécessaire de mettre à contribution des approches pédagogiques novatrices qui favorisent l’acquisition des savoirs, méthodes et compétences requises par l’exercice du travail social dans un contexte d’incertitude et de complexité. À cet égard, Raucent, Verzat et Villeneuve (2010) dans un livre consacré à la pédagogie universitaire proposent de repenser la posture traditionnelle enseignant/apprenant pour adopter celle d’accompagnement de l’apprenant. En ce sens, ce colloque veut permettre aux enseignants et aux professionnels des unités de formation en travail social le partage d’expérience de pratiques pédagogiques novatrices.