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Alexandre Buysse : Université Laval
Nous proposons de considérer l'enseignement comme une forme socioculturelle parmi d'autres, et les entretiens de formation comme des confrontations de formes culturelles. En mettant en lien la théorie historico-culturelle de l'activité (Leont'ev, 1978) et la forme culturelle subjectivée (Buysse, 2012), nous pouvons considérer que chaque activité socioculturelle à laquelle le sujet participe, engendre à son niveau, l'élaboration d'une forme culturelle subjectivée. Nous considérons dès lors que chaque étudiant en formation à l'enseignement est déjà porteur de formes culturelles précédemment subjectivées, découlant de formations précédentes. Ces formes culturelles subjectivées sont fusionnées ou élaborées séparément pour répondre à l'activité. Durant les entretiens de formation se confrontent dès lors des formes socioculturelles subjectivées : celle de l'enseignement telle que subjectivée par le praticien à l'aune de la pratique de l'activité, et subjectivée différemment par le formateur universitaire à travers la culture académique, ainsi que celle, en émergence, de l'étudiant. C'est sur cette base, que nous examinons les indicateurs potentiels des formes socioculturelles intériorisées par l'étudiant et l'émergence des fondements de nouvelles formes subjectivées (protoformes). Nous discutons également le rôle de l'appel hâtif aux représentations de l'étudiant et l'éventuelle déconstruction ultérieure de celles-ci par le système de formation.
De nombreux dispositifs de formation professionnelle utilisent des entretiens de formation mettant en présence des professionnels et des étudiants, mais aussi des formateurs universitaires et des professionnels. Au cours de ces entretiens en dyade ou en triade, des perspectives différentes sont souvent mises en avant, et un savoir est co-construit. Ces phénomènes, bien que connus, sont encore relativement mal compris. L’un des angles d’analyse possible consiste à considérer ces phénomènes comme des rencontres entre différentes cultures. À travers les discours de chacun et les références mobilisées, ainsi que dans le raisonnement d’explicitation, peut en effet se découvrir la culture professionnelle de chacun des formateurs et, ce qu’on pourrait qualifier de « culture en formation » de l’étudiant. Ce colloque entend analyser les entretiens de formation en tant que chocs des cultures où se révèlent différentes strates culturelles de chacun des intervenants. Se posent alors deux questions fondamentales : Les savoirs échangés au cours de ces entretiens appartiennent-ils à des épistémies plus ou moins compatibles, lesquelles seraient tout de même admises comme pertinentes, ne serait-ce que tacitement, par les formateurs? Ou encore, s’agit-il de savoirs co-construits ressortant in fine d’une culture émergente à laquelle adhérera l’étudiant? À travers l’analyse d’expériences de formation et l’analyse de données de recherche, les participants à ce colloque tenteront de répondre à ces difficiles questions.
Thème du colloque :