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Daniel Lopes : Sciences Po Bordeaux
Les conflits armés internes sur le continent africain font l'objet de médiations par des hommes politiques de haut niveau (Mbokolo, 2009), mais aussi par l'entremise d'acteurs moins officiels à travers certaines initiatives « par le bas » (Foucher, 2006). Durant ce processus de résolution de conflits, certains acteurs choisissent d'intervenir au plus près des populations. A côté des initiatives classiques visant à « éduquer » la base au respect des valeurs démocratiques, une vision constructiviste axée sur les politiques censées produire de la coexistence pacifique semble trouver sa place.
Ainsi, il semble possible d'identifier un schéma de pacification visant les populations en conflit, et qui comprend des politiques et des pratiques teintées d'une vision à la fois libérale et constructiviste. Cette contribution se propose, à travers l'étude des pratiques de pacification de la base en Côte d'Ivoire, de mettre en exergue ce schéma et de démontrer qu'il s'inscrit bien dans le cadre de pratiques internationalisées (Lefranc, 2007) mises en œuvre par des « professionnels internationaux de la paix » et quelques acteurs locaux, sous l'impulsion ou avec le soutien d'Institutions internationales.
L’examen de plusieurs États en Afrique amène à faire le constat de sociétés éclatées, sinon à « haute tension », dans lesquelles la cohésion demeure encore un souci majeur. Plusieurs États apparaissent comme des agrégats d’entités visiblement contraintes à vivre ensemble, et qui ne ménagent guère leurs efforts pour afficher leurs particularités. Aussi l’espace politique, lorsqu’il existe, se transforme-t-il en un terrain sur lequel ces différentes entités se concurrencent, parfois bruyamment, mettant en péril l’unité nationale. Particulièrement depuis le début des années 1990, avec la fin du patronage de Guerre Froide, le continent africain a vu éclater un nombre important de conflits civils qui se caractérisent par leur dimension régionale, par la multiplicité des protagonistes, belligérants ou non, par la diversité des motivations, économiques ou politiques, qui les sous-tendent, et par la brutalité des stratégies utilisées. Cette multiplicité des conflits en Afrique a suscité un fort intérêt dans la recherche académique où les hypothèses aussi nombreuses que contradictoires s’évertuent à rendre compte des dynamiques conflictuelles et de leur éventuelle spécificité africaine.
Ce colloque envisage moins de proposer de nouvelles hypothèses explicatives qu’une évaluation critique ainsi qu’un essai de typologie des nombreuses hypothèses concurrentes. Outre une contribution à la recherche académique sur les lumières et les ombres des analyses des conflits en Afrique, ce colloque entend également contribuer à une meilleure épistémologie ainsi qu’à une meilleure méthodologie de l’étude des conflits tout en prenant en compte les dynamiques des sociétés africaines ainsi que les enjeux géopolitiques et stratégiques de ces conflits.
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