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Mathieu Gagnon : Université de Sherbrooke
Notre communication vise à alimenter les échanges autour de la question du colloque : «Quels fondements sont à privilégier pour orienter la formation [éthique] de ces acteurs?». À cet égard, nous nous proposons d'examiner les relations qu'il pourrait être possible, voire souhaitable, de dessiner entre la formation épistémologique et la formation éthique des enseignants et futurs enseignants. Nous nous demanderons en quoi et comment, par exemple, contribuer au raffinement de leurs croyances épistémologiques (Hofer, 2002; Schommer, 2011; Therriault, 2008) peut avoir des retombées sur le caractère éthique de leurs interventions éducatives? De quelle manière les rapports aux savoirs pourraient-ils «organiser» ces interventions, notamment sous l'angle de leurs dimensions éthiques? Quelle éthique didactique, entre autres par le truchement des rapports aux savoirs disciplinaires, est-il possible de dégager de la formation épistémologique des enseignants? Quelles responsabilités, tant du point de vue de l'enseignant que de celui des institutions, à l'égard d'une formation épistémico-éthique des apprenants? Ces questions seront examinées par le recours à une typologie des rapports aux savoirs (Gagnon, 2011) qui nous permettra de dégager des liens entre épistémologie et éthique en éducation. À la lumière des hypothèses qui émergeront de cette réflexion, notre regard sera dirigé vers les enjeux qu'elles peuvent générer quant à la formation initiale et continue des enseignants.
En raison à la fois de sa nature relationnelle et de sa mission de formation qui suppose une orientation vers un mieux, le monde de l’éducation est spécialement habité par l’éthique. Les acteurs du système éducatif ne peuvent éviter d’être confrontés à des enjeux éthiques dans leur pratique. À cet égard, notons qu’au plan de la formation des enseignants au Québec, la présence d’une compétence éthique parmi les 12 compétences professionnelles à développer indique que le MELS (2001) considère qu’il s’agit d’un axe central de la profession. Cet axe se manifeste également en administration scolaire où l’éthique représente l’une des 6 capacités transversales chapeautant l’énoncé des 10 compétences professionnelles (MELS, 2008). Pensons aussi à l’ensemble du personnel de l’école qui, au Québec, a désormais l’obligation d’agir en matière d’intimidation. En Europe, notons que les enjeux éthiques de la diversité socioculturelle dans la formation des enseignants font l’objet d’une attention particulière (C. Europe 2009).
Dans la mesure où ceci témoigne d’une certaine convergence dans la reconnaissance de l’importance de la formation éthique des acteurs du milieu, il nous apparaît essentiel de chercher à mieux discerner la place qu’occupe concrètement l’éthique dans la formation initiale ou continue de ceux-ci, de même que de dégager les fondements sur lesquels repose cette formation. Différents questionnements guideront ainsi les interventions à l'occasion de ce 5e colloque du GREE : quels fondements sont à privilégier pour orienter la formation de ces acteurs? Des apprentissages axés sur le développement du raisonnement? Sur l’appropriation de valeurs prédéterminées? Comment se traduit la formation éthique des acteurs au-delà de la simple formulation de compétences ou de principes d’orientation leur étant adressés? Quelle place est ou devrait être faite à l’éthique dans la formation au-delà de la visée d’acquisition d’une compétence professionnelle particulière?
Titre du colloque :