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Karine St-Denis : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Bien que l'ethnographie soit la méthode de prédilection des anthropologues, l'ethnographie institutionnelle provoque de nombreux questionnements en anthropologie. L'étude des organisations de sa propre société peut-elle engendrer l'éloignement géographique et culturel garant du regard extérieur ? L'ethnographie organisationnelle doit-elle partager la démarche inductive et le séjour prolongé chez l'Autre posés comme caractéristiques des recherches anthropologiques ? Ces questionnements ne sont pas sans conséquence sur la reconnaissance disciplinaire des recherches organisationnelles et ce, d'autant plus, lorsque ces recherches sont effectuées en terrains locaux – anthropology at home. Cette conférence s'intéressera, premièrement, aux mécompréhensions au centre de ces débats anthropologiques. Deux de ces mécompréhensions seront abordées soit : le terrain éloigné en tant que rite de passage anthropologique et l'induction et le séjour prolongé comme voie de connaissance à privilégier. Deuxièmement, les conséquences des ces mécompréhensions sur la réalisation et la reconnaissance des ethnographies organisationnelles seront illustrées à partir de nos travaux auprès des services de sécurité incendie du Québec.
Ce colloque sera l’occasion de discuter des pratiques émergentes de l’ethnographie organisationnelle et de souligner sa contribution à la compréhension des organisations. Les travaux de recherche relevant de l’ethnographie organisationnelle ont contribué à explorer, au quotidien, les pratiques des acteurs, et plus précisément de « voir les organisations de l’intérieur » (Laude, 2012) que ce soit des entreprises privées, des hôpitaux, des organisations gouvernementales ou non (Orr, 1996; Grosjean et Lacoste, 1999). Or, les organisations contemporaines se complexifient et évoluent dans un environnement mouvant et incertain. Elles sont devenues plus complexes, fragmentées, dispersées (Borzeix et Cochoy, 2008). Pour tenter de saisir et comprendre toute cette complexité, les chercheurs adoptent une conception dynamique de l’organisation (Langley et Tsoukas, 2010), celle-ci apparaissant alors comme le produit d’un travail continu d’« organizing » (Czarniawska, 2009). Le but est alors de mieux comprendre comment une organisation se constitue, évolue, se transforme, innove, apprend, négocie ses tensions internes et parfois s’effondre, en se positionnant au cœur de l’action, au cœur de l’organisation. Les chercheurs font l’hypothèse que la compréhension des pratiques effectives des acteurs organisationnels, de la manière d’agir et d’être d’une organisation passe par un travail de type ethnographique. On constate que les méthodes mises en œuvre dans des travaux récents se diversifient et évoluent afin de rendre compte du travail d’organisation (« organizing ») qui s’accomplit au quotidien, et de saisir toute la complexité des organisations (Ybema et al., 2009; Yanow, 2009; Watson, 2011). On voit émerger de nouvelles formes d’ethnographie organisationnelle telles que : le shadowing, l’ethnographie multimodale, la photoethnographie, l’autoethnographie, etc.; autant de pratiques émergentes que nous souhaitons discuter dans le cadre de ce colloque.
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