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Questions émergentes en métaéthique évolutionniste et implications pour l'éthique animale

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Lise Lévesque : Université de Montréal

Résumé de la communication

L'éthique évolutionniste, en tant que champ d'investigation interdisciplinaire, étudie les facteurs qui influencent l'évolution biologique des capacités et des comportements moraux. L'éthique évolutionniste pose plusieurs problèmes de métaéthique qui ont des implications importantes pour l'éthique animale, que nous tenterons de délimiter dans cette communication. Premièrement, nous déterminerons quelle contribution l'éthique évolutionniste peut apporter à la réflexion éthique sans entrer dans l'erreur naturaliste. Deuxièmement, nous verrons que l'avancement des connaissances sur les capacités et comportements moraux des animaux comporte des implications importantes quant au statut moral des animaux. Nous verrons que l'éventualité de responsabilités élargies de l'humain envers les animaux comporte nécessairement des défis accrus pour l'éthique animale sur le plan conceptuel. Le problème du spécisme s'impose avec une complexité qui dépasse la prise de position antispéciste. Notamment, se pose la question des critères permettant de justifier que les humains ont une responsabilité envers une espèce animale ou envers des animaux particuliers. La notion de responsabilité s'accompagne de celle de relation et d'initiative et ainsi, malgré l'estompement de certaines différences entre l'humain et de l'animal, l'humain occupe une position asymétrique déterminant la relation.

Résumé du colloque

Nous nous souvenons tous de cette phrase assassine qui clôturait les Thèses sur Feuerbach de Marx et Engels : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer. » Loin d’en entériner d’emblée le constat, la Société de Philosophie du Québec (SPQ) voudrait plutôt, pour son Congrès 2013, convier les philosophes de tous horizons à réfléchir et échanger sur la manière dont la philosophie a, de tous temps, compris son efficace sur le monde. Que le moteur de l’acte de philosopher soit de transformer celui qui en est l’auteur, celui à qui il s’adresse ou encore l’objet qu’il se donne, on ne saurait douter que la philosophie même lorsqu’elle interprète le monde, cherche toujours à le transformer, lui ou ses habitants. À moins, bien sûr, que la philosophie ne soit que le reflet des changements qui s’opèrent dans le monde dont elle est issue…

S’agit-il, comme dans le cas des tentatives qui visent à définir la « vie bonne », de fournir les conditions de possibilité d’une maîtrise ou d’une production de soi, alors la philosophie se donne comme remède, hygiène, exercice ou démarche créatrice. Pour les philosophies qui prennent pour objet les pratiques sociales et les normes sur lesquelles elles s’articulent, c’est leur propre teneur théorique qui prend valeur de praxis dans un effort pour « changer la façon commune de penser » (Denis Diderot). Ainsi, qu’elle demeure purement critique ou qu’elle se donne pour fondatrice de normes nouvelles, la philosophie, toujours, cherche à atteindre les institutions qui fabriquent le sujet ou qui structurent ses relations au monde ou aux autres et d’en ébranler la légitimité.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 8 mai 2013

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