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Rapport au savoir chez des enseignants et enseignantes de biologie du collégial et du lycée : analyse à partir de récits de vie

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Marie-Claude Bernard : Université Laval

Résumé de la communication

Les percées récentes dans le champ des biotechnologies ouvrent la voie à des transformations d'une grande portée au cœur desquelles se trouve ce que l'on entend par vivant. Qu'il s'agisse de manipulation génétique, d'OGM ou d'utilisation de cellules souches, la biologie contemporaine soulève des questions porteuses d'enjeux qui trouvent écho dans la recherche et l'enseignement des sciences. C'est dans ce contexte que je me suis intéressée aux points de vue d'enseignants et enseignantes œuvrant dans le domaine de la biologie (Bernard, 2008). Empruntant à Charlot (2003) la notion de rapport aux savoirs, j'ai cherché à comprendre la construction du rapport au vivant d'enseignants et enseignantes dans leur parcours professionnels et à dégager les manières dont ils composent avec les enjeux qui entourent la question du vivant dans leurs pratiques. Par le biais de l'analyse de six récits de vie réalisée selon une perspective interactionniste, un portrait a été dressé à partir de trois catégories : le rapport à l'apprendre et à l'école, le rapport à la biologie et aux pratiques de laboratoire, et le rapport aux êtres vivants. L'analyse a permis également de dégager des liens entre les histoires personnelles et les conceptions pédagogiques ultérieures (Halai, 2002). Elle invite, enfin, à approfondir sur les façons d'approcher en classe des questions socialement vives en lien avec le vivant, telles les manipulations sur le matériel génétique (Albe & Simonneaux, 2002).

Résumé du colloque

Ce colloque se veut une occasion de partager la problématique du rapport au savoir, selon une perspective microsociologique. Selon cette perspective, le rapport au savoir prend en compte le caractère social des savoirs et la socialisation à ces derniers (Akkari et Perrin, 2006). Elle a permis, notamment, d’élargir les questions dans le domaine des recherches portant sur les conceptions initiales des élèves qui considéraient jusqu’alors l’apprenant comme un sujet épistémique confronté aux nouveaux savoirs proposés par l’école, mais isolé du contexte social dans lequel s’inscrivent les savoirs, l’institution scolaire (et lui-même en tant qu’acteur social) (Maury et Caillot, 2003). L’intérêt est ainsi porté sur l’apprenant qui construit et donne sens aux savoirs à travers un ensemble d’interactions et sur l’appropriation des savoirs comme des productions situées temporellement et culturellement permettant de réaliser un projet ou d’atteindre un but (Désautels et Larochelle, 2003). L’apprentissage n’est alors pas considéré comme une activité désincarnée, mais plutôt comme une activité du sujet apprenant qui donne sens à ses apprentissages, via un ensemble d’interactions (avec des acteurs humains et non humains) et de parcours (Charlot, 1997; DeBlois et Larivière, 2012).

Notre perspective cherche à interroger le rapport au savoir du point de vue de l’apprenant et de celui de l’enseignant ou de l’enseignante. Ces derniers sont, en effet, porteurs d’une histoire scolaire particulière et construisent également certains rapports au(x) savoir(s). Notre but est d’examiner l’étude des pratiques pédagogiques à la lumière des perspectives épistémologiques dont elles sont redevables. Comment la problématique du rapport au(x) savoir(s) peut faciliter l’analyse du lien, d’une part, avec les perspectives épistémologiques des modèles d’enseignement et, d’autre part, avec les pratiques enseignantes?

La pertinence scientifique de ce colloque s'exprime selon une problématique à trois volets : 1) Dans le domaine de la recherche en enseignement, il est important de se pencher sur les perspectives épistémologiques qui inspirent différents modèles pédagogiques qui, à leur tour, induisent différents types de rapports aux savoirs. 2) Dans le cadre de la « professionnalisation de l'acte d'apprendre », l'analyse des pratiques pédagogiques sous l'angle de la problématique du rapport au(x) savoir(s) a montré sa pertinence (Charlot et al., 1992). Les réflexions sur les façons de prendre en charge en classe les questions de société associées aux différents domaines de savoirs ajoutent une pertinence sociale aux contributions de ce volet. 3) Dans une perspective centrée sur l'apprenant, l'identification d'éléments indicateurs permettant de comprendre le sens que les élèves donnent à leur apprentissage prend une place importante. Ce volet s'intéresse ainsi aux travaux qui se penchent sur le rapport au savoir des apprenants à travers les disciplines.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 8 mai 2013

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