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Relation de soins : accueillir l'indignation

MZ

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Marc Zaffran : Université de Montréal

Résumé de la communication

En Amérique du Nord, et dans quelques pays d'Europe, les relations entre soignants et patients sont guidées par des principes d'éthique clinique inspirés du travail de Beauchamp et
Childress (Principles of Biomedical Ethics). Mais rien n'y est dit d'un aspect psychologique et moral essentiel.

L'indignation – sentiment de colère provoqué par une injustice – est une composante fréquente et peut-être incontournable de la relation de soins. Elle teinte toutes les situations de maladie, perçues comme une injustice ; elle contredit la relation de soins lorsque l'injustice est produite par le système de santé ou les soignants eux-mêmes.

La position du soignant est complexe : il doit entendre l'indignation du patient face à une injustice ; l'assister alors que d'autres professionnels de santé sont en cause et se retrouver en conflits d'intérêt ou de loyauté ; éviter de projeter sur le patient sa propre indignation. Autrement dit : œuvrer pour le patient sans le soumettre à ses valeurs et en restant soi-même.

Nous tenterons de démontrer que pour être en accord avec les principes d'éthique clinique couramment admis, tout soignant se doit de prendre en compte l'indignation des patients qu'il soigne et de prendre conscience de l'impact de ses propres sentiments d'indignation sur sa pratique. Et nous suggèrerons comment inclure la dimension d'indignation dans la formation éthique des soignants.

Résumé du colloque

Nous nous souvenons tous de cette phrase assassine qui clôturait les Thèses sur Feuerbach de Marx et Engels : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer. » Loin d’en entériner d’emblée le constat, la Société de Philosophie du Québec (SPQ) voudrait plutôt, pour son Congrès 2013, convier les philosophes de tous horizons à réfléchir et échanger sur la manière dont la philosophie a, de tous temps, compris son efficace sur le monde. Que le moteur de l’acte de philosopher soit de transformer celui qui en est l’auteur, celui à qui il s’adresse ou encore l’objet qu’il se donne, on ne saurait douter que la philosophie même lorsqu’elle interprète le monde, cherche toujours à le transformer, lui ou ses habitants. À moins, bien sûr, que la philosophie ne soit que le reflet des changements qui s’opèrent dans le monde dont elle est issue…

S’agit-il, comme dans le cas des tentatives qui visent à définir la « vie bonne », de fournir les conditions de possibilité d’une maîtrise ou d’une production de soi, alors la philosophie se donne comme remède, hygiène, exercice ou démarche créatrice. Pour les philosophies qui prennent pour objet les pratiques sociales et les normes sur lesquelles elles s’articulent, c’est leur propre teneur théorique qui prend valeur de praxis dans un effort pour « changer la façon commune de penser » (Denis Diderot). Ainsi, qu’elle demeure purement critique ou qu’elle se donne pour fondatrice de normes nouvelles, la philosophie, toujours, cherche à atteindre les institutions qui fabriquent le sujet ou qui structurent ses relations au monde ou aux autres et d’en ébranler la légitimité.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 8 mai 2013

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