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Carlos Aparicio
En périphérie de Monterrey, les anciens petits villages sont devenus quartiers populaires, tandis que les territoires agricoles ont donné sa place à la multiplication de développements résidentiels fermés, car la gestion de la ville a été cédée aux développeurs immobiliers (Aparicio et al., 2011), accentuant les niveaux de "micro-ségrégation" ou "micro-fragmentation" de l'espace partagé (Capron et González, 2006).
Notre travail s'intéresse à explorer les relations de durabilité sociale et les inégalités socio-spatiales occasionnées par l'urbanisation diffuse. Pour étudier des patrons de vie ruraux coexistant avec les modes de vie contemporaine, nous intégrons de l'information historique et cartographique avec des outils théoriques et méthodologiques provenant des Représentation sociales (Abric, 2003), de l'Identité sociale (Tajfel, 1981) et du Capital social (Szauser et Castillo, 2003).
Les résultats montrent que dans un quartier traditionnel les représentations sont attachées aux racines et à l'identité sur une base symbolique (Jodelet, 1986), tandis que dans un quartier emmuré les représentations sont liées à la tranquillité, en raison de crainte à la violence ou la recherche de distinction (Enriquez, 2007). Même si les représentations entre les quartiers incluent des images négatives et des préjugés, dans le cadre de la durabilité sociale, les relations quotidiennes peuvent faciliter la génération de politiques visant à l'inclusion.
Le CELAT (Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions) propose de tenir son colloque annuel à l’Acfas sur le thème « Lieux de passage et vivre-ensemble ». Depuis deux ans, notre centre développe une expertise sur le concept de vivre-ensemble, entendu comme les formes et les enjeux de la vie collective découlant de la diversité et du pluralisme, marquant les relations entre les groupes majoritaires et minoritaires ou minorisés et les individus qui les composent, leurs interactions et formes de vie et d’expression, leurs appartenances à des territoires, leurs langages, leurs mémoires et leurs expérimentations. Pour ce colloque, nous souhaitons explorer ce concept à travers les « lieux de passage » qui forment un véritable laboratoire des relations du nous-même au nous-autre marquant une évolution constante du vivre-ensemble. Nous entendons par lieux de passage autant des espaces physiques que des espaces temporels ou symboliques, dont les frontières sont inexistantes ou en perpétuelle redéfinition. À l’ère de la pluralisation croissante des sociétés et de la mouvance de celles-ci, le vivre-ensemble trouve toute sa pertinence dans ces lieux de passage.
Pour explorer cette thématique, une séance plénière organisée autour de ces deux notions permettra de réfléchir à ces deux notions envisagées différemment selon les implications (trans-)disciplinaires de chacun. Par la suite, quatre grands axes de recherche ont été identifiés afin de traiter de la question sous des perspectives différentes. Le premier concerne le vivre-ensemble appréhendé à travers les lieux de la mobilité pour saisir la reconceptualisation des frontières normatives, que celles-ci soient corporelles (corps et média), transnationales (mobilité franco-canadienne) ou sociétales (politique et artistique). Le deuxième axe se consacre à la trame narrative des lieux naturels et bâtis comme reflet de la collectivité, trame examinée à partir de la question de l’urbanisation diffuse à l’aune du développement durable. Le troisième explore la mise en représentation du vivre-ensemble à travers des sites patrimoniaux en crise qui connaissent une période de transition. Le quatrième s’articule autour de lieux sujets à la performativité du vivre-ensemble qui amènent une réflexion sur le rôle de l’art dans la sphère publique (l’art et la ville) ou scientifique (audio-vision et expériences du monde).
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