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La notion de science ouverte renvoie généralement à une plus grande transparence concernant les démarches de recherche. Celles-ci sont conduites dans un esprit collaboratif et non concurrentiel : les projets, les données, les expériences, les résultats et les publications sont accessibles, utilisables et discutables par la communauté scientifique ainsi que le grand public. Au-delà des motifs éthiques, l'efficacité du modèle a fait ses preuves autant en matière de processus de recherche, de vérification des résultats que de circulation des connaissances produites.
Plusieurs chercheurs se situent pourtant dans ce paradigme d'une science ouverte, en dépit de la frilosité ambiante. Ils contribuent à des logiciels libres, à des wikis publics et luttent pour publier leurs articles sur des plate-formes d'accès libre.
Si ces pratiques sont publiquement valorisées, les modes habituels de légitimation académique ne reconnaissent pas véritablement la contribution scientifique à des projets ouverts, libres de droits ou rendus publics. Nous proposons dans cette conférence de nous attacher plus particulièrement au cas de la contribution d'acteurs du milieu scientifique à des wikis publics.
Nous formulons l'hypothèse que le manque de reconnaissance (financière, créditée, ...) des instances académiques et scientifiques vis-à-vis de ces contributions est l'un des facteurs de difficulté. Nous esquissons également quelques pistes d'action pour favoriser cette reconnaissance.
La science ouverte (open science) recouvre au moins quatre grands aspects de la pratique scientifique : 1. l'accès libre pour tous les internautes à toutes les publications scientifiques arbitrées par les pairs (le libre accès), 2. le partage en ligne des données de recherche (la science en ligne), 3. la science collaborative (ou citoyenne) qui inclut des chercheurs non professionnels dans les projets de recherche et, 4. la science 2.0 qui regroupe les réseaux sociaux et blogs où s'expriment de plus en plus les chercheurs, y compris pour présenter et mettre en débat leurs hypothèses. L'existence même de ces nouvelles pratiques est une révolution par rapport aux pratiques conventionnelles de la science : articles publiés dans des revues payantes, données protégées ou secrètes, exclusion des non-pairs, confinement à la parole scientifique institutionnelle (dans les revues ou les livres). Selon les pays, les universités et les disciplines, cette révolution s'effectue à des vitesses différentes. Où en sont les chercheurs et les universités francophones?
Afin d'éclairer les chercheurs et les administrateurs universitaires sur les avantages et les conséquences des différentes pratiques de la science ouverte, ce colloque rassemble des spécialistes de différents pays qui feront un état des lieux et des débats sur trois de ces thèmes. Cet état des lieux permettra aussi de débattre de la façon dont ces pratiques devraient être considérées dans les programmes de recherche et de formation des universités québécoises et dans la future politique nationale de recherche et d'innovation du Québec. Une table ronde sur les dépôts institutionnels en accès libre rassemblera d'ailleurs des représentants de la plupart des universités québécoises.
Ce colloque sera aussi l'occasion de présenter une nouvelle revue, Sciences, éthique et sociétés, et de tenir l'assemblée générale annuelle de l'Association science et bien commun.
Thème du colloque :