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Se convertir pour être plus Anicinabe (Algonquin) : une analyse de la construction identitaire

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Marie-Pierre Bousquet : Université de Montréal

Résumé de la communication

On assiste, chez les Anicinabek, à un va-et-vient entre diverses allégeances religieuses depuis les années 1970 : catholicisme, pentecôtisme, Témoins de Jéhovah, spiritualité panindienne. Les passages à un autre système de croyances, qu'on pourrait appeler conversions, sont perçus comme des menaces à la culture anicinabe quand l'entourage a l'impression que les nouvelles croyances du ou de la converti-e prennent trop de place dans sa vie. Mais pourquoi se convertit-on chez les Anicinabek? Nous nous pencherons sur des témoignages d'Anicinabek, recueillis sur le long terme, ayant vécu ces passages et qui réfléchissent à l'idée de religion. Les conversions ont-elles eu une influence sur la façon dont les convertis conçoivent leur identité? Quels accommodements ont-ils dû être consentis par ces convertis pour garder de bonnes relations avec leurs cercles sociaux? Comment voient-ils le rapport entre leur(s) religion(s) et leur culture? Nous avancerons l'idée que les Anicinabek ne voient pas leurs conversions comme des intégrations à des nouveaux groupes, mais comme des moyens de se changer eux-mêmes pour être plus Anicinabek. Ce faisant, nous réfléchirons aux fondements de l'identité anicinabe, en avançant que les trajectoires de conversion ne peuvent être comprises en dehors des principes sous-jacents de l'identité non pas du groupe de croyants en tant que tel, mais de l'individu converti et de son groupe d'origine.

Résumé du colloque

Le colloque proposé porte sur la thématique de la conversion. Nous cherchons à comprendre la portée sociale ainsi que les implications identitaires du geste de conversion en dépassant la lecture simplement religieuse du phénomène. Comment construire cohérence et continuité identitaire après avoir changé de religion? Comment la conversion modifie-t-elle les relations de l’individu avec son milieu d’origine et avec son milieu d’adoption? Quelle reconnaissance sociale peut-il obtenir et à quelles conditions? Quelle est l’influence des convertis sur la définition identitaire que le groupe religieux se donne de lui-même? Quel peut être son rôle de médiateur sur la place publique?

Nous proposons d’examiner les comportements identitaires des individus qui changent de religion dans les sphères familiales, amicales, professionnelles et publiques à travers l’adoption et la manifestation de marqueurs visibles (vestimentaires, alimentaires, etc.) ou de nouveaux discours identitaires. Quels sont les accommodements que les convertis et leur entourage consentent pour le vivre ensemble et quelles rhétoriques justifient ces gestes? Nous discuterons également des modes de négociation de la reconnaissance de l’identité adoptée. Unions mixtes, projets de transmission identitaire aux enfants, modèles familiaux et structure de genre constituent en effet autant de stratégies qui permettent aux convertis de construire mais aussi de légitimer leur nouvelle identité. Au cœur des rapports entretenus avec les coreligionnaires se situe l’enjeu de l’authenticité de la religion pratiquée dans un contexte où, malgré leur prétention d’universalisme, la plupart des religions adoptées sont marquées par l’ethnicité de leur groupe historique de croyants qui en revendiquent le monopole discursif. À ce titre, le converti pourrait également constituer une figure de médiation publique entre divers groupes; doté de cette identité de l’entre-deux, quelle est alors son autorité symbolique et sociale réelle?

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
Discutant-e- de la session : Claude Gélinas
section icon Date : 8 mai 2013

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