pen icon Colloque
quote

Stimulation du cortex préfrontal : bases neurobiologiques de son effet antidépresseur

AE

Membre a labase

Adeline Etiévant : Institut universitaire en santé mentale de Québec

Résumé de la communication

Les traitements pharmacologiques de la dépression restent limités principalement parce qu'il existe un délai avant l'apparition d'un effet thérapeutique souvent partiel. Récemment, la stimulation cérébrale profonde (DBS) a permis, en ciblant le cortex préfrontal, d'induire une réponse antidépressive rapide chez des patients souffrant de dépression résistante aux traitements. Cependant, les bases neurobiologiques de cet effet restent à élucider. Considérant le rôle de la glie dans la dépression, nous avons exploré les effets de la stimulation du cortex préfrontal infralimbique chez le rat sur plusieurs marqueurs précliniques de la réponse antidépressive et évalué la possible implication du système glial. Des approches électrophysiologiques, immunohistochimiques et comportementales nous ont permis de démontrer que la DBS induit des comportements pseudo-antidépresseurs qui sont associés à une rapide augmentation de l'activité des neurones 5-HT du raphé dorsal et de la neurogénèse du gyrus denté. De plus, la DBS renverse les effets du stress sur la métaplasticité synaptique hippocampique. Étonnamment, ces effets neurobiologiques sont prévenus par une lésion astrocytaire au sein du site de stimulation induite par une injection locale de la gliotoxine L-alpha-aminoadipic acid. Nos données apportent des indications fondamentales quant aux mécanismes d'actions de la DBS et apportent la preuve indubitable que les astrocytes y jouent un rôle majeur.

Résumé du colloque

En mai 2006, le rapport sur les maladies mentales au Canada dressait un constat alarmant : 20 % de la population sera directement confronté à un problème de santé mentale, et 80 % via un membre de son entourage. Bien que la découverte des psychotropes ait marqué un tournant important dans la prise en charge de ces pathologies, les maladies psychiatriques restent un problème central de la société canadienne de par le fardeau économique qu’elles constituent, principalement en raison du manque d’efficacité des techniques d’intervention actuelles. Ce sujet d’actualité préoccupe la population et les gouvernements. Il requiert impérativement une reconsidération de la discipline afin d’améliorer nos connaissances sur l’ensemble des déterminants des maladies mentales et de développer, en retour, de nouvelles pistes thérapeutiques.

Le colloque « recherche de biomarqueurs et de biothérapeutiques en santé mentale » amorce une réflexion conjointe et multidisciplinaire (biologie, clinique, informatique, physique et chimie) autour de trois axes de recherche novateurs :

1) Identification de biomarqueurs prédictifs et pronostiques pour permettre un dépistage précoce des pathologies mentales et une médecine personnalisée;

2) Recherche de biothérapeutiques pharmacologiques, afin d’améliorer le rapport efficacité/tolérance des psychotropes actuels. Il convient d’analyser la physiopathologie des maladies mentales, de comprendre les mécanismes d’action des médicaments pour différencier les effets thérapeutiques des effets secondaires, et de trouver de nouvelles cibles thérapeutiques;

3) Recherche de biothérapeutiques non pharmacologiques pour développer des thérapies non médicamenteuses (neurostimulation, etc).

Réunis pour l’occasion, 19 spécialistes du domaine (psychiatres, cliniciens, chercheurs en santé mentale, politicien) viendront exposer leurs dernières découvertes, méthodologies et réflexions. La conférence d'ouverture sera animée par Rémi Quirion. Parallèlement aux conférences, une session de présentation des communications par affiches est organisée.

La discussion construite autour des avancées fondamentales et des attentes médicales que nous proposons devrait renforcer une recherche translationnelle pour mieux lutter contre ce fléau du 21esiècle !

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 8 mai 2013

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :