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Suivre à la trace le travail d'organisation : contributions et enjeux du shadowing

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Consuelo Vasquez : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Traduit rarement de l'anglais, le shadowing, est généralement défini comme une méthode de recherche qui implique de suivre une personne comme son ombre – de « marcher dans ses pas » – à travers ses différentes activités et ses différents déplacements, tout en prenant de nombreuses notes de terrain. Dans le domaine de l'ethnographie organisationnelle, de part sa mobilité, sa flexibilité, et son caractère longitudinal, le shadowing s'avance comme étant une des méthodes privilégiées pour saisir des pratiques de travail de plus en plus distribuées, de même que pour mieux comprendre la nature dynamique des organisations (Czarniawska, 2007). À partir de nos expériences d'utilisation de cette méthode, nous proposons de réfléchir aux contributions et enjeux du shadowing pour suivre à la trace le travail d'organisation. Plus particulièrement nous nous attardons au rôle du chercheur – la place de cette ombre dans ce travail d'organisation – et à sa relation avec le sujet ou objet de son suivi.

Résumé du colloque

Ce colloque sera l’occasion de discuter des pratiques émergentes de l’ethnographie organisationnelle et de souligner sa contribution à la compréhension des organisations. Les travaux de recherche relevant de l’ethnographie organisationnelle ont contribué à explorer, au quotidien, les pratiques des acteurs, et plus précisément de « voir les organisations de l’intérieur » (Laude, 2012) que ce soit des entreprises privées, des hôpitaux, des organisations gouvernementales ou non (Orr, 1996; Grosjean et Lacoste, 1999). Or, les organisations contemporaines se complexifient et évoluent dans un environnement mouvant et incertain. Elles sont devenues plus complexes, fragmentées, dispersées (Borzeix et Cochoy, 2008). Pour tenter de saisir et comprendre toute cette complexité, les chercheurs adoptent une conception dynamique de l’organisation (Langley et Tsoukas, 2010), celle-ci apparaissant alors comme le produit d’un travail continu d’« organizing » (Czarniawska, 2009). Le but est alors de mieux comprendre comment une organisation se constitue, évolue, se transforme, innove, apprend, négocie ses tensions internes et parfois s’effondre, en se positionnant au cœur de l’action, au cœur de l’organisation. Les chercheurs font l’hypothèse que la compréhension des pratiques effectives des acteurs organisationnels, de la manière d’agir et d’être d’une organisation passe par un travail de type ethnographique. On constate que les méthodes mises en œuvre dans des travaux récents se diversifient et évoluent afin de rendre compte du travail d’organisation (« organizing ») qui s’accomplit au quotidien, et de saisir toute la complexité des organisations (Ybema et al., 2009; Yanow, 2009; Watson, 2011). On voit émerger de nouvelles formes d’ethnographie organisationnelle telles que : le shadowing, l’ethnographie multimodale, la photoethnographie, l’autoethnographie, etc.; autant de pratiques émergentes que nous souhaitons discuter dans le cadre de ce colloque.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 8 mai 2013

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