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Utilisations marginales des œuvres multimodales pour enseigner la lecture littéraire au secondaire

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Judith Emery-Bruneau

Résumé de la communication

Les objets littéraires à enseigner en classe de français au secondaire québécois sont plutôt confus dans les programmes (MÉQ, 2003; MÉLS, 2009), car on y présente une liste de notions et concepts à enseigner, lesquels sont toutefois mélangés de façon fort problématique. Quant au corpus d'œuvres à lire, il n'est marqué que d'une quantité (5 par an), divisible par genres et auteurs variés. Dans le cadre d'une recherche en cours (FQRSC, 2012-2015), des enseignants de français (n=10) ont été interrogés sur leurs conceptions de la littérature et sur la façon dont ils l'enseignent. Puis, leurs pratiques effectives ont été filmées dans le cadre d'une séquence d'enseignement de la littérature. Ces données, recueillies dans le but de décrire et de comprendre leur rapport à la littérature et leurs pratiques d'enseignement de la littérature, soulèvent une réflexion épistémologique sur les objets enseignés : qu'enseigne-t-on sous l'appellation « littérature » et comment l'enseigne-t-on? Nous présenterons spécifiquement les résultats issus des entretiens de trois enseignants qui expliquent comment et pourquoi ils utilisent l'adaptation filmique de textes littéraires pour enseigner la lecture littéraire et des notions de littérature. Il appert que ces œuvres multimodales sont essentiellement utilisées comme outils permettant de mieux comprendre l'univers narratif et la psychologie des personnages. Le recours aux œuvres multimodales demeure toutefois des pratiques marginales.

Résumé du colloque

L'expansion prodigieuse de la communication médiatique contemporaine, qui mobilise en simultanée plusieurs modes, langages et médias à partir de supports variés, a donné naissance à une véritable culture multimodale qui bouleverse la pédagogie « classique » (Buckingham, 2003; Gray et al., 2010). Donnat (1998) parle d’hybridation de la culture cultivée, c’est-à-dire de sa mutation au contact de la « culture des écrans ». Ainsi, les médias de masse, a fortiori ceux dits numériques, sont devenus une source incontournable par laquelle les jeunes se renseignent sur leur univers, développent des attitudes, des représentations et des croyances, et se forgent une identité (Chung 2007). Un bon lecteur contemporain doit ainsi posséder les clés de plusieurs modes sémiotiques s’exprimant sur des supports toujours plus originaux, interactifs, diversifiés et, conséquemment, complexes (Stafford, 2011). Dans ce contexte, l’éducation des jeunes à la lecture et la production de textes littéraires sur des supports variés semble s’imposer dans une perspective manifeste de reconfiguration des pratiques d’enseignement de la littérature. Déjà, en France, l'étude conjointe du roman et du film est recommandée au collège afin de comparer les modes d'expression respectifs de ces deux formes artistiques. La Belgique prévoit aussi dans ses programmes la comparaison de romans à leur adaptation en bande dessinée ou au cinéma, de manière à découvrir les spécificités de chaque système narratif. Au Québec, dans le programme de français du secondaire, le film est abordé, à l’instar de la bande dessinée, comme une œuvre complémentaire au texte littéraire qui permet de se constituer des repères culturels.

L’un des principaux enjeux de ce colloque vise à définir et à consolider, dans une perspective didactique, les spécificités et les objectifs de la rencontre désormais inévitable entre la littérature et les pratiques culturelles des élèves autour d’œuvres multimodales.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 8 mai 2013

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